2012, l’année de la coopération ?

Rédaction Vendée agricole

Interview de Dominique Barbeau et Georges Marhic, producteurs à Terralacta et à Eurial.

A l’heure des AG des coopératives, quel bilan tirez-vous de l’année écoulée ?

DB : Un seul mot me vient à l’esprit : Gâchis ! De temps, De revenu pour les éleveurs et de rentabilité pour les entreprises. Il y a un an, ma coopérative nous promettait des perspectives d’avenir avec une refonte complète de son fonctionnement. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de désillusions que nous voyons l’avenir de notre production. Le bon sens veut que lorsqu’on voit le mur s’approcher on modifie sa trajectoire pour éviter l’accident. Il est plus que temps de tourner le volant !

GM : A l’AG de l’Ucal cette année, j’ai reçu un badge avec le slogan « 2012 : année de la coopération ». Pour moi, ce message a encore plus de sens au regard de l’évolution du bassin Charentes-Poitou. Lait de chèvre ou de vache, il est plus que temps de mettre en œuvre un vrai projet coopératif dans notre région. Et dans ce projet, le rôle des producteurs est fondamental. Nous devons tous prendre nos responsabilités pour éviter le mur : producteurs et conseil d’administration, nous devons réagir ensemble. C’est plus qu’urgent !

Pour vous, le lait de chèvre et le lait de vache sont liés ?

GM : Bien sûr que les deux productions sont liées. L’identité de la région c’est le beurre AOC Charentes-Poitou et la chèvre et derrière cela c’est tout une économie : les producteurs, les salariés des coopératives, les artisans, les fournisseurs, les commerçants, etc. Rester divisés, c’est renoncer à optimiser nos tournées de collecte, c’est continuer à faire se croiser tous les jours sur les routes des camions citernes aux couleurs de chacune de nos coopératives. Cela nous le dénonçons depuis plusieurs années ! Quelle perte de temps.

DB : Aujourd’hui, l’absence de projet coopératif dans la région tue l’économie de notre territoire. Les producteurs n’ont plus confiance dans le modèle coopératif car ils n’ont pas le sentiment d’être entendus. Dans ces guerres de clocher, ce sont toujours les producteurs qui trinquent les premiers.

Que demandez-vous à vos coopératives ?

GM : Nos coopératives ont chacune des atouts. Nous leur demandons de les additionner. S'unir, c'est assurer l'avenir face aux enjeux laitiers. A elles d'étudier ensemble les formes de partenariats ou d’unions qui peuvent convenir le mieux à la situation.

 DB : Ce message est un cri d’alerte ! L'enjeu, c'est de nous assurer à nous, coopérateurs, des débouchés et une valorisation correcte de nos produits afin de poursuivre les installations. C’est ce projet auquel j’ai cru lorsque je me suis installé en tant que producteur de lait.

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