A Charly (18), le Berrichon du Cher résiste

Raphaël Lecocq

Laurent et Nicolas Aubailly

Laurent et Nicolas Aubailly sont éleveurs sélectionneurs d’ovins Berrichon du Cher. L’érosion des troupeaux ovins pourrait finir par porter tort à une activité de sélection plus que cinquantenaire. Mais Charly résiste à l’adversité.

600 : c’est le nombre de brebis de race Berrichon du Cher répertoriées aujourd’hui en sélection dans le département du Cher. Il y a quelques dizaines d’années, l’effectif dépassait les 5000 bêtes et le concours de Bourges (18) permettait à dizaines d’éleveurs éleveurs sélectionneurs de se « jauger » et de faire valoir leur savoir-faire. En 2016, le paysage a bien changé. Il faut « monter » à Paris pour trouver à se frotter à des compétiteurs, en provenance d’autres départements. La race Berrichon du Cher aurait-elle un problème ? « Les fondamentaux de la race sont excellents », rétorque Laurent Aubailly. « C’est une excellente race à viande, qui offre beaucoup de croissance, avec des carcasses peu grasses et totalement conformes, qui fonctionne bien en croisement et qui enfin s’adapte parfaitement en bergerie comme en pâturage ». « Le schéma de sélection est très bien organisé, renchérit son frère Nicolas. Il y a beaucoup de brebis inséminées et de béliers en sélection individuelle ».

A Charly (18), le Berrichon du Cher résiste

La charrue après les moutons

Le problème, c’est la charrue. La charrue ? « La charrue oui. L’élevage ovin étant de moins en moins rentable, les éleveurs retournent les prairies et cultivent des céréales ». Laurent et Nicolas Aubailly connaissent le sujet. Ils exploitent eux-mêmes 170 ha de grandes cultures, aux côtés de 100 ha de prairies. Un troupeau allaitant de 80 charolaises complète l’élevage de 110 Berrichon du Cher, histoire de diversifier les revenus. Ou les pertes. Céréales, viande bovine, viande ovine : tout compté, c’est un peu la loi de profitabilité minimum en ce moment. La sélection génétique est un autre élément de diversification. La Salon de l’agriculture, c’est donc important. Laurent et Nicolas Aubailly présentent trois femelles et quatre mâles. Résultats du concours, organisé ce mardi 1er mars :  1er Prix en agnelle, 1er Prix en qualité de lait, 1er Prix en challenge national Upra, 2ème Prix en mâle. Le Berrichon du Cher peut compter sur les berrichons.

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