A l'APCA : Michel Barnier droit dans ses bottes

Sophie Caron

A quelques centaines de mètres de la manifestation des céréaliers, Michel Barnier a défendu son plan de réorientation des aides, à l'occasion de la session annuelle des chambres d'Agriculture.

« Il n'y a pas de surprises, mon discours est clair depuis mon arrivée au ministère (…) Il fallait faire bouger les lignes. La marche est peut-être dure à franchir pour certains mais si rien n'avait été fait, elle aurait été infranchissable en 2012 », a justifié le ministre, jugeant que la pire des solutions aurait été l'immobilisme. Pour lui, les mesures de réorientation des aides Pac, annoncées dans le cadre du bilan de santé, sont justifiées au nom d'une double légitimité : celle d'une meilleure équité au sein des filières agricoles, mais aussi vis-à-vis de la société.

Ferme et déterminé, tapant du poing sur son pupitre, Michel Barnier a réfuté, en bloc, toutes les accusations dont il fait l'objet depuis quelques semaines : «Non je n'abandonne pas les agriculteurs aux bons soins du marché» a-t-il clamé, jugeant que la France avait obtenu de grandes avancées par rapport à ce qui était prévu dans le cadre du bilan de santé, notamment le maintien d'outils de régulation « alors que l'Europe voulait tous les démanteler ».

« Les céréaliers ne supportent pas seuls tous les efforts »

« Non les décisions prises ne sont pas contre les céréaliers » a-t-il ajouté. Selon lui, il n'est pas juste de dire que les céréaliers supportent seuls, tous les efforts de la réorientation des aides. Sur les 700 M€ consacrés à l'herbe, il précise, par exemple, que seuls 350 viennent des grandes cultures, le reste provenant des élevages mixtes et des élevages de bovins. «Cette réorientation est juste et nécessaire, chacun connaît les écarts de revenu qui existent aujourd'hui». Michel Barnier donne rendez-vous aux céréaliers dans deux ans et demi pour faire le point.

Le ministre doit, dans quelques semaines, encore notifier les choix français définitifs à la Commission européenne. Une prochaine réunion est prévue avec les syndicats agricoles le 26 mars dans le cadre des groupes de travail. «Les débats sont ouverts» affirme le ministre qui, par ailleurs, déclare ne pas être favorable à « la progressivité des prélèvements », comme demandé notamment par l'APCA.

Le ministre a conclu son discours par les propos de Pierre Mendès-France : «Il ne faut jamais sacrifier l'avenir au présent ». Discours largement applaudi par les présidents de chambres d'agriculture présents lors de cette session. Seuls quelques sifflets se sont fait entendre...

Publié par Sophie Caron

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