A la FRSEA de Basse Normandie : Les mises en chantier de Xavier Beulin

Thierry Guillemot

A la FRSEA de Basse Normandie : Les mises en chantier de Xavier Beulin

Carton plein pour la FRSEA de Basse-Normandie. En invitant Xavier Beulin (producteur de lait et de céréales) à son assemblée générale, Pascal Férey qui voulait “mettre du pusching dans les débats” a marié le fond et la forme. Dans un exercice didactique, le président de la FNSEA a voulu redonner de la perspective. Morceaux choisis.

Budget européen.

“Le premier défi est de doter la PAC post 2013 d'un budget européen. Alors que l'agriculture représente 39 % des dépenses de l'UE et avec la crise grecque, certains voudraient l'amputer significativement. Heureusement, nous avons un ministre qui se bat, qui mouille sa chemise”.

Chiffre d'affaires.

“La ferme France génère un chiffre d'affaires cumulé de 200 Mrde et 10 Mrde de solde excédentaire dans la balance commerciale”.

Contractualisation laitière.

“Nous n'avons pas été suffisamment réactifs sur le contenu des contrats lait.
On aurait pu aller plus loin que le guide des bonnes pratiques. Concernant les propositions de SODIAAL, elle fait preuve d'anticipation. Ce qui me préoccupe, c'est la remise en cause des accords interprofessionnels”.

Coût de l'aliment.

“Il faut consolider les politiques de bassins. Il y a des céréales qui font 500 km dans un sens pour revenir au point de départ. Il y a donc des coûts intermédiaires qui pourraient être diminués. Je pense aussi à la couverture qui, dans certaines situations, représente 40 à 50 e/t. On peut gagner en compétitivité en développant des politiques contractuelles”.

DPU.

“Quel historique demain pour appliquer les DPU? Défendons nos acquis : pas de moyenne à l'hectare mais il nous faut identifier le ou les secteurs sur lesquels nous demanderons le recouplage”.

Emploi.

“L'agriculture en France, c'est 3,5 millions d'emplois soit 15 % des emplois totaux. A titre de comparaison, l'automobile n'en représente que 10 %”.

G20.

“Peut-on laisser les agriculteurs seuls face au marché ? A la FNSEA, nous sommes convaincus du contraire. Ce que nous avons vécu en 2007/2008, les émeutes de la faim, est le prémice d'un phénomène durable. Les paysans du monde doivent prendre la parole, être acteurs du débat sur la régulation du marché des matières premières dans le cadre du G20. C'est pourquoi nous organisons un évènement de taille les 16 et 17 juin”.

Gestion de marchés.

“Quel sera le degré d'intervention possible de l'Union Européenne sur les marchés ? La France est isolée sur ce dossier. Pour nos collègues, ce n'est plus dans ses attributions.”

Méthanisation.

“Nous devons prouver notre capacité à intégrer ce qui pourrait redonner à l'élevage les centimes qu'il manque. Je pense à la méthanisation. En Allemagne, elle abonde le revenu des producteurs de porcs à hauteur de 4 à 5 centimes du kg. Les producteurs d'effluents doivent donc se regrouper pour mener à bien des projets. De notre côté, nous veillerons à ce que l'on ne nous refasse pas le coup du photovoltaïque”.

Négociations internationales.

“Concernant l'OMC, il n'y a que Pascal Lamy à croire encore à un accord. Côté Mercosur, ils rêvent non plus de nous envoyer des matières premières mais des produits finis. Cela représente potentiellement une perte de revenu agricole de 3 % à l'échelon européen. C'est énorme”.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires