Abattoirs : La machine, le “seul moyen” de sécuriser le classement des carcasses

Patricia Olivieri

Les éleveurs ont bloqué la semaine dernière les abattoirs pour exiger transparence et équité dans les pratiques des industriels et alerter sur la chute de leur revenu.

Depuis l'avènement du commerce il y a plusieurs millénaires déjà, la question des justes poids et appréciation des marchandises agite les relations entre vendeurs et acheteurs. En ce début de XXIe siècle, les choses ont peu évolué même si le débat oppose aujourd'hui une multitude de vendeurs, en l'occurrence les éleveurs, au petit monde des abattoirs. Des éleveurs qui en bloquant la semaine dernière de nombreux établissements partout en France - dont l'abattoir nord-aveyronnais de Sainte-Geneviève-sur-Argence (voir ci-dessous) - ont souhaité fustiger les pratiques encore opaques selon eux des industriels de la filière viande. Un conflit que leur fédération nationale, la FNB, explique par des conditions de pesée de carcasses qui demeurent douteuses et le non respect selon elle des accords interprofessionnels en matière de classement de ces mêmes carcasses. “La présentation des carcasses se dégrade à la pesée depuis plusieurs mois, expliquent les responsables de la FNB. L'administration a adressé pas moins de 180 rappels à la réglementation aux abattoirs et 20 procès-verbaux ont été transmis aux procureurs de la République.” L'association spécialisée va plus loin, dénonçant certains abattoirs qui “violent impunément les règles interprofessionnelles du suivi qualité du classement des carcasses.”

Un observateur et une norme de classement à venir

Pour enrayer ces dérives, les éleveurs veulent généraliser l'utilisation des machines à classer les carcasses. Des machines pourtant installées progressivement dans les abattoirs (pas partout encore) mais qui n'ont pas réglé ce vieux différent. Face à un conflit qui risquait de se prolonger, une réunion de négociations s'est tenue au ministère de l'Agriculture mercredi 19 novembre sous la direction du chef de cabinet de Michel Barnier. Le ministère de l'Agriculture va nommer rapidement un observateur pour piloter un groupe de travail - qui réunira la FNB, la FNICGV (Fédération nationale de l'industrie et des commerces en gros des viandes) et le Sniv (Syndicat national de l'industrie des viandes) - et qui portera principalement sur la définition d'une norme de classement des carcasses qui sert à fixer leur prix d'achat. Un rapport d'étape est d'ores et déjà prévu pour la fin du mois de février 2009. Si cette annonce a conduit à la levée des blocages, la FNB prévient déjà : “Les éleveurs veulent du concret, pas des doctes débats techniques qui n'aboutiraient pas”.

 

Source union du cantal

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