Action FDSEA-JA pour soutenir la viande bovine : Rodez : colère à la préfecture

Didier BOUVILLE

Action FDSEA-JA pour soutenir la viande bovine : Rodez : colère à la préfecture

Près de 500 agriculteurs se sont rassemblés devant la préfecture de Rodez jeudi 29 avril à l'appel de la FDSEA et des JA. Objectif : alerter les pouvoirs publics de la crise qui secoue la filière. Cette action a été ponctuée par une intervention des forces de l'ordre, à l'aide de gaz lacrymogènes, contre le déversement d'une benne de terre devant les portes de la préfecture.

«Les producteurs de viande bovine sont au bord de la faillite», «les charges nous gonflent», voilà quelques slogans scandés ou largement exprimés sur des banderoles accrochées aux murs de la préfecture de Rodez jeudi 29 avril dans la soirée.Près de 500 éleveurs aveyronnais se sont massés sur le pavé de la place Charles de Gaulle, à l'appel de la FDSEA et des JA, avant une entrevue de la profession agricole avec le secrétaire général de la préfecture, Pierre Besnard.La préfète Danièle Polvé-Montmasson était en effet absente. Pour les éleveurs, la situation des élevages bovins viande est préoccupante avec des revenus dégradés et des charges de plus en plus lourdes que les paysans avaient illustré ce soir là par un Sumo gonflé de ballons TIPP, TFNB, FCO...

«Anti-viande»

Et les prix à la production stagnent depuis plusieurs années. «En 1989, un broutard mâle de 300kg R se vendait 16,9 francs, contre 14,76 en avril 2010.Et pour les vaches, 23,7 francs contre 16,73 francs aujourd'hui» dénonce Bruno Montourcy, président des JA. «Les femelles ne se vendent pas, le prix des broutards fait les frais de la crise en Italie, et le marché de la viande ne se porte pas mieux. Aucune perspective plus favorable n'est annoncée». Pour la FDSEA et les JA, la crise est autant économique («avec une crise de revenu dont on ne voit pas le bout»), qu'humaine pour une profession régulièrement attaquée par des «anti-viande», avec des mises en cause infondées, «mais profondément déstabilisantes».

Bombes lacrymogènes

Le contenu de l'entrevue à la préfecture a été résumé par le président de la FDSEA Dominique Fayel, avant le déversement d'une benne de terre devant la porte de la préfecture, malgré l'opposition des forces de l'ordre qui ont fait usage de bombes lacrymogènes. Le calme est revenu après quelques instants de confusion. Pour Dominique Fayel, «l'Aveyron a déclenché un mouvement de protestation qui prendra plus d'ampleur si les pouvoirs publics restent sourds à nos revendications». Le message a été bien transmis.

Pour des mesures à la hauteur de la crise

La FDSEA et les JA ont rappelé que cette action était l'illustration de l'expression des difficultés des éleveurs bovins viande qui ont décidé «de ne plus rester silencieux». La délégation a insisté sur la nécessité de rétablir les outils de régulation et «de faire du dégagement d'animaux» com-me cela existait avant 2002, de revoir les règles de concurrence dans la LMA actuellement en discussion au Sénat, et «de faire le chemin inverse de la Loi de Modernisation Economique qui pressurise les éleveurs, sans même que les GMS (comme Leclerc) ne baissent leurs prix aux consommateurs»...
La profession demande une nouvelle fois la suppression totale de la TFNB et des distorsions de concurrence au niveau européen qui plombent l'agriculture française (coût de la main d'oeuvre et des contraintes environnementales). S'agissant du débat sur la consommation de viande et les attaques dont font l'objet les producteurs de viande, la profession demande au ministère de la Santé «de rétablir la place de la viande dans la nutrition».

Dossiers PAC

Enfin, sur un autre registre, la délégation a profité de cette entrevue pour relayer ses inquiétudes relatives aux rats taupiers, et aux dossiers PAC.La date butoir du 17 mai pose en effet problème pour ceux qui n'ont pas encore reçu leurs dossiers PAC ! L'idée de créer un groupe de travail avec les collectivités territoriales a par ailleurs été lancée afin de favoriser l'approvisionnement des marchés en productions locales. Le secrétaire général de la préfecture a promis de faire remonter en haut lieu les nombreuses requêtes de la profession.

Source La Volonté Paysanne

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