Action JA - FDSEA à Rodez : La profession demande un vrai projet d'avenir pour l'élevage

Eva DZ

Un cortège tout-à-fait particulier a salué l'Estivada, jeudi 28 juillet. Les JA de l'Aveyron et la FDSEA ont traversé le quartier de Bourran à Rodez pour rejoindre la DDT afin de faire entendre leur détresse face à la sécheresse aux pouvoirs publics mais aussi au grand public.

Depuis le parking St Pierre à Bourran jusqu'à la DDT, un cortège d'éleveurs
a fait entendre sa voix. «Ce n'est pas parce qu'il pleut que tout va mieux.
Il faut que tout le monde ait conscience de la détresse des éleveurs qui n'ont
pas les moyens d'acheter du fourrage pour leurs animaux», affiche Bruno
Montourcy. Pacifiques mais déterminés, les JA de l'Aveyron et la FDSEA ont
expliqué que la demande aujourd'hui portait sur le besoin de trésorerie.
«Les situations extrêmes comme la sécheresse nous renvoient une fois de plus
au visage la fragilité de nos situations d'éleveurs», poursuivent les
responsables. «Si nos productions étaient rémunérées à leur juste valeur,
nos exploitations seraient à même de supporter ces aléas climatiques»,
ajoutent-ils.

Fragilité

C'est ce message qu'une grosse délégation d'éleveurs aveyronnais a voulu
faire passer au grand public. Avec tambour et instruments de musique divers,
le cortège précédé par «Bruno Le Maire le dromadaire», cheval de trait grimé
pour l'occasion et par une remorque, remplie de sable et décorée de
palmiers, alimenté par des participants déguisés en nomades, a dénoncé la
menace de désert qui plane sur des départements d'élevage comme l'Aveyron si
rien n'est fait. Les habitants sur leur balcon ou dans la rue, les visiteurs
de l'Estivada, tous ont montré leur soutien à la manifestation des
agriculteurs aveyronnais. «Faites du bruit pour montrer que les agriculteurs
sont là et qu'ils ont envie d'être encore là demain», a harangué Bruno
Montourcy !
Le choix de cette action au moment de l'Estivada n'était justement pas une
coincidence comme l'a expliqué Bruno Montourcy aux élus de Rodez,
organisateurs de la manifestation venus à leur rencontre, accompagnés de
Ségolène Royal et de Régis Cailhol, conseiller régional. «Ce festival évoque
la culture de l'occitanie. L'agriculture fait partie de notre culture et
pour que l'Occitanie ne soit pas un désert, il faut soutenir l'agriculture»,
a expliqué Bruno Montourcy. «Nous voulons faire comprendre que nous avons
besoin d'agriculture pour nourrir le monde».

Une population et des élus compréhensifs

Ce que demande la profession, c'est de la trésorerie, des mesures concrètes
et des projets d'avenir pour l'agriculture. «Comment supporter que des
jeunes continuent à s'engager dans le métier pour cinq ans, alors que les
éleveurs d'aujourd'hui n'ont aucune visibilité d'une année sur l'autre. Nous
ne tolérons plus les effets de petits pansements. Nous demandons qu'un vrai
projet soit initié pour l'agriculture», a argumenté Bruno Montourcy.
Après avoir versé le sable devant la DDT, planté quelques palmiers pour
reconstituer une oasis, le secrétaire général de la Préfecture,
Jean-François Moniotte et un représentant de la DDT sont venus à la
rencontre des manifestants. Bruno Montourcy leur a rappelé le contexte et
les demandes de la profession.

Dans le calme

«Malgré le désarroi profond des agriculteurs, nous avons tenu à mener une
action dans le calme. Pourtant nous aurions bien des raisons d'être plus
virulents», a-t-il expliqué. Accompagné de Patrice Falip, secrétaire général
des JA de l'Aveyron et de Valérie Imbert, secrétaire générale adjointe de la
FDSEA ils ont rappelé le manque de mesures concrètes. Certes la procédure de
calamités agricoles a été enclenchée rapidement mais les responsables
professionnels dénoncent une enveloppe pour le fonds national des calamités
déjà consommée par les 41 premiers départements français reconnus où ne
figurait pas encore l'Aveyron ! Les JA regrettent également le manque de
camions affrêtés par l'Armée et les tarifs de transport en vigueur. «Nous
aurions besoin de l'Armée pour assurer le stockage de la paille en attente d'être
livrée afin d'éviter tout saccage», proposent les JA. Même mécontentement
sur les reports d'annuités annoncés par le ministre : «Les Jeunes
Agriculteurs sont automatiquement exclus de ce report parce qu'ils
bénéficient déjà de prêts à taux bonifiés».

Assez de pansements besoin de visibilité

A ces revendications, Jean-François Moniotte a apporté tout son soutien,
ainsi que celui de la Préfète, Danièle Polvé-Montmasson. Il a simplement
rappelé la rapidité avec laquelle s'est mise en place la procédure de
calamités agricoles. «En concertation avec la profession, les services de l'Etat
via la DDT, ont oeuvré ensemble pour présenter des dossiers qui ne pourront
être contestés et qui reflètent la réalité des pertes subies sur vos
exploitations».
Le département de l'Aveyron est un des premiers à faire entendre sa voix sur
ce dossier. «Nous suivons les demandes de nos réseaux FNSEA et JA»,
expliquent les responsables professionnels. «Cette action est en prémice d'une
grande manifestation autour de l'élevage à l'échelle nationale, cet
automne», annoncent-ils. «L'élevage en a assez d'être oublié. Pourtant notre
activité n'est pas une utopie. Nous demandons un vrai projet d'avenir pour l'élevage», concluent-ils.

Source La Volonté Paysanne

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