Agriculture et ruralité : Les agricultrices doivent être reconnues dans leur travail »

Eva DZ

Agriculture et ruralité : Les agricultrices doivent être reconnues dans leur travail »

Les sections des agricultrices des FRSEA Midi-Pyrénées et Aquitaine ont commandé une enquête sur l'engagement des agricultrices dans le monde agricole et rural. Marie-Pierre Lanne, présidente de la section des agricultrices FDSEA, tire les enseignements.

Pourquoi réaliser une enquête sur l'engagement des agricultrices ?

«Karen Serres, présidente de la section régionale FRSEA des agricultrices et Sylvie Lafourcade son homologue en Aquitaine en ont eu l'idée. Les agricultrices s'engagent essentiellement au niveau local, nous voulions savoir pourquoi elles ne vont pas plus haut et ce qu'elles attendent de l'engagement. Aucune enquête de ce type n'a été réalisée en agriculture ni ailleurs. Nous avons demandé l'appui des Chambres d'agriculture régionales de Midi-Pyrénées et Aquitaine et nous avons commandé cette enquête à Evo+, société spécialisée, grâce au soutien de nos partenaires.

Qu'avez-vous appris dans cette enquête ?

Les premiers entretiens réalisés auprès d'agricultrices ou de femmes travaillant sur une exploitation nous ont surpris : les profils sont très contrastés entre celles qui ont choisi de travailler en agriculture, souvent très formées et dynamiques et celles qui ont appris le métier sur le tas et n'ont pas envie de s'engager. L'enquête, une fois approfondie, a révélé que 70 % des chefs d'exploitation féminins interrogés n'ont aucune formation agricole. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles elles ne veulent pas s'engager, elles sont pourtant chefs d'exploitation ! Par contre, nous avons constaté avec plaisir que la majorité a choisi sa situation même si certaines se sentent obligées de reprendre l'exploitation familiale en héritage. L'organisation professionnelle arrive en premier dans leurs engagements, c'est un espoir pour nous. Elles s'engagent pour être informées, faire changer les choses mais aussi pour faire vivre leur commune.

Quelles sont vos pistes de travail suite à l'enquête ?

Le manque de temps et d'organisation est le frein le plus souvent cité. Nous devons approfondir ce point, nos formations sur l'organisation du travail et la gestion du stress peuvent y contribuer. Ces femmes proposent de valoriser le travail féminin et leur place dans les instances agricoles ainsi que leur image. C'est sur ces pistes que nous allons travailler en poursuivant notamment notre combat pour la reconnaissance du travail féminin dans les EARL. Se sentir bien dans son métier, être reconnue dans son travail aident à exister puis à s'engager».

Source La Volonté Paysanne

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