Agriculture : La chrysomèle s'installe en Alsace et inquiète la filière maïs

B.BOUCHOT d'après AFP

La chrysomèle du maïs donne des sueurs froides aux agriculteurs qui redoutent que la présence de plus en plus massive de ce petit coléoptère ne plombe durablement leur filière.

Nouveau record régional de capture de l'insecte

Depuis le début de l'été, 124 chrysomèles, disséminées dans neuf foyers ont été capturées. Très loin des 14 prises de 2008 qui constituaient pourtant le record régional depuis 2003, année où l'insecte avait été détecté dans la région, un an après son apparition dans l'Hexagone.

Autre élément alarmant : plusieurs spécimens « ont été capturés cette année loin des zones » où l'on avait pourtant l'habitude de retrouver la chrysomèle (aéroport, axes routiers), note Jean-Paul Bastian, président de la Chambre régionale d'agriculture. En 2009, la chrysomèle a également été repérée en Slovaquie, Italie, Autriche et dans le Land allemand du Bade-Wurtenberg, voisin de l'Alsace ainsi qu'en Rhône-Alpes et, à un degré moindre, en Bourgogne, indique M. Tischmacher. Des chiffres « jamais atteints » qui pourraient en partie s'expliquer par « les conditions climatiques » actuelles en Europe où « l'on observe beaucoup plus d'insectes » cette année, estime Sophie Winninger, de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF).

Des données qui inquiètent les agriculteurs alsaciens

Pour lutter contre cet insecte dont les larves grignotent les racines du maïs, la culture de cette céréale est interdite pendant deux ans dans un rayon de 1 km autour des lieux de capture, entraînant la disparition de 15.000 hectares en 2010-2011 dans la région, soit 10% des surfaces dédiées au maïs, affirme M. Bastian.

Selon ses estimations, les 4.000 maïsiculteurs concernés perdront « en moyenne 300 euros par hectare s'ils cultivent autre chose ». Les écologistes estiment que cette « crise » peut être l'occasion de repenser un modèle productiviste à leurs yeux obsolète. « Il faut réorganiser les filières et l'écoulement des produits », explique Michel Breuzard, président d'Alsace Nature Haut-Rhin, qui plaide pour « la rotation et la diversification des cultures ».

Cette année les agriculteurs disposeront de la caisse de solidarité nationale, mais en cas de présence massive et durable de la chrysomèle, ils redoutent que les mesures d'aide ne suffisent plus. « Il faut réfléchir à de nouveaux plans », selon Jean-Paul Bastian qui égrène ses propositions : traitements larvicides par enrobage de semences, renforcement des pièges dans les zones à risque ou encore rotation des cultures étalées dans le temps...

Source AFP

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