Agriculture : les principaux enjeux de 2011

Agra Presse

L'année agricole 2011 ne s'annonce pas des plus sereines : nombre de décisions qui devraient être prises impacteront notablement l'avenir.

La loi de modernisation de l'agriculture (LMA) annoncée par Nicolas Sarkozy, portée par le ministre Bruno Le Maire et votée en juillet 2010, devra gagner en concret en 2011. En clair, la boîte à outils censée moderniser l'agriculture française doit se mettre en place concrètement. Parmi les mesures emblématiques de la LMA : la contractualisation entre les agriculteurs et leurs acheteurs, le renforcement des interprofessions et des producteurs dans leurs filières, la gestion des risques (création de fonds de mutualisation des risques sanitaires, développement de l'assurance...), sans oublier la maîtrise du foncier... Autant de dispositifs délicats à mettre en oeuvre. Les mauvaises langues commencent à dire que Bruno Le Maire ne pensait pas avoir à gérer l'après-LMA, certain qu'il était de quitter le ministère de l'Agriculture à la faveur du remaniement gouvernemental. Pour les faire taire, il devra déjà réussir la contractualisation dans la filière laitière. Le rendez-vous qu'il a lui même fixé est pour mars 2011. S'il réussit, sa loi fera date dans le monde agricole. S'il échoue, elle ne sera qu'une loi de plus, vite oubliée.

Année cruciale pour la Pac

Sous la présidence de la Hongrie puis de la Pologne, l'UE va poursuivre en 2011 la négociation sur l'ambition et la configuration de sa politique agricole après 2013, afin, espère Dacian Ciolos, de “parvenir à un accord politique en 2012”. Le débat est, bien entendu, lié au cadre financier que les Vingt-sept établiront pour l'avenir. Moyennant d'âpres marchandages, comme le confirme l'appel au gel du budget d'ores et déjà lancé par les dirigeants de cinq États membres, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Finlande.
Lait : l'année de tous les changements

La filière laitière qui, en 2010, s'est à peine remise économiquement de l'année “horribilis” de 2009, aura à affronter de profonds changements en 2011. Même si le prix du lait retrouve des couleurs en 2010 et si les perspectives sont bonnes pour le premier trimestre selon la FNPL, la filière risque d'entrer en zone de turbulence en 2011. La contractualisation entre les producteurs et leurs transformateurs devra devenir effective en mars. Les syndicats, qu'ils soient a priori favorables ou pas au principe, alertent sur un “tempo” qu'ils jugent trop rapide. Deuxième motif de tensions : la contractualisation telle que formalisée dans le décret est jugée “peu protectrice” pour les producteurs. Autre chantier et non des moindres : la gestion des quotas laitiers par bassin de production et non plus par département. Ce qui va modifier des habitudes ancrées depuis de nombreuses années dans le paysage laitier français. Cela va faire beaucoup à “digérer” pour les producteurs de lait en 2011. Peut-être trop.

Négociations à haut risque pour la viande bovine

Des négociations à l'OMC pourraient modifier complètement le paysage de la production de viande bovine (et de volaille de chair). Or, elles pourraient aboutir en 2011. En viande bovine, les négociations avec le Mercosur portent sur des milliers de tonnes de viandes importées (de 250 000 t à 800 000 t, voire 1,5 million pour 2020), “qui déstabiliseraient entièrement la production nationale”, précise la Fédération nationale bovine. Laquelle reste mobilisée sur l'application des engagements pris en novembre dernier par la filière pour dynamiser les marchés et relever le prix de la viande.
La mention d'origine pour relever les prix en porc

Le 15 décembre, un accord volontaire sur la mention d'origine des produits du porc, en charcuterie comme en frais, a été signé en interprofession. Cet accord, souvent qualifié de “stratégique”, doit débuter au 31 mars 2011. Il a pour but, entre autres, de favoriser l'achat de porc français par les salaisonniers et indirectement d'aider à faire remonter le prix à la production. Un enjeu crucial pour un secteur qui n'arrive plus à couvrir ses coûts de production.

 

Énergies renouvelables : stop ou encore ?

La suspension du tarif de rachat de l'électricité photovoltaïque par le gouvernement pour éviter une surchauffe a jeté un coup de froid sur tout le secteur des énergies renouvelables. Une phase de concertation a commencé entre l'ensemble de la filière photovoltaïque et les pouvoirs publics qui devrait aboutir à la rédaction d'un texte réglementaire pour le mois de mars destiné à permettre une montée en puissance progressive pour qu'une industrie française puisse éclore. Une chose est sûre : les tarifs de rachat seront revus à la baisse. Autre enjeu : la préservation du foncier agricole face aux centrales solaires au sol.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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