Agriculture: les secteurs qui marchent et les autres

Agriculture: les secteurs qui marchent et les autres

Derrière la grave crise que traversent leséleveurs français, de grandes disparités existent d'un secteur agricole àl'autre.

En forme  

- VITICULTURE: les exportations de vins et spiritueux français ont atteint en 2015 le seuil "historique" de 11,7 milliards d'euros - l'équivalent de 126 Airbus- , en hausse de 8,7% sur un an. Le champagne à lui seul a enregistré le plus important chiffre d'affaires de son histoire (4,75 milliards d'euros, +5,6% par rapport à 2014). Seule ombre au tableau, le recul de la place de la France face à des concurrents plus agressifs et moins chers, Espagne et Nouveau Monde principalement.  

- SEMENCES: malgré une concurrence pressante des Etats-Unis et de la Chine, la France reste le premier exportateur mondial et le premier producteur européen de semences, principalement grâce au maïs et aux potagères. En 2014-2015, elles ont représenté 28,4% de la balance commerciale agricole et un chiffre d'affaires de 3,28 milliards d'euros, pour 150 pays clients.  

- GÉNÉTIQUE: les races bovines françaises sont très recherchées dans le monde grâce à des progrès importants et réguliers depuis un demi-siècle. Plus de 2,5 millions de doses de semence, 70.000 bovins reproducteurs et des milliers d'embryons sont commercialisés par an dans plus de 90 pays.  

- FILIÈRES QUALITÉ: bio ou Label Rouge, elles ont le vent en poupe auprès des consommateurs. Les 500 productions Label Rouge ont réalisé un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros en 2015 dont 660 millions pour les volailles, les oeufs et le foie gras, 500 millions en viandes et charcuteries, 127 millions en produits de la mer. Le bio (4% des exploitations) a représenté 5 milliards d'euros en 2014 (+10%). L'élevage en général a fait un bond de près de 13%.     

En difficulté  

- CÉRÉALES: la France reste de loin le premier producteur et exportateur de céréales de l'UE, le troisième producteur mondial de blé. En 2014, la production céréalière a grimpé de 9% à 72,8 millions de tonnes. Mais pour le blé, dont la production a nettement augmenté l'an dernier à 41 Mt, les cours ont chuté de 20% sur l'année. La filière a du mal à exporter en raison de l'abondance mondiale de l'offre et d'une concurrence internationale féroce.   

- VOLAILLE: le marché national du poulet standard échappe peu à peu depuis dix ans aux producteurs français, sous l'effet de la concurrence brésilienne. 90% de la volaille consommée en restauration hors domicile (restaurants et collectivités) est importée. Seuls, se maintiennent les marchés Label rouge et bio. L'épidémie de grippe aviaire, qui a poussé une quinzaine de pays à cesser leurs importations, est relativement indolore pour les exportations de poulets (6% du chiffre d'affaires de la filière), mais des industriels comme Duc souffrent. Le coup est surtout rude pour les producteurs de foie gras qui évaluent à 270 millions d'euros les mesures sanitaires.  

- FRUITS ET LÉGUMES: la France est le troisième producteur de fruits et légumes de l'UE derrière l'Italie et l'Espagne, et le quatrième  producteur de pommes de terre. Outre l'Europe du Sud, de nombreuses filières souffrent de la concurrence du Maroc. Les principaux légumes exportés sont les tomates et salades (respectivement 23 et 16% des exportations du secteur), et côté fruits, les pommes (45% des exports du secteur) et les pêches et nectarines.     

En crise  

- LAIT: avec la sortie des quotas européens fin mars 2015 et un climat favorable aux prairies, la production a augmenté (+1,1% en France) et dans le monde au moment où la consommation ralentissait en raison d'une moindre demande de la Chine, faisant chuter les prix sous les coûts de revient des producteurs français qui manifestent depuis l'été 2015.  

- PORC: les éleveurs perdent jusqu'à 6.000 euros par semaine selon leur fédération. En Bretagne (60% de la production), un sur cinq risque de quitter le métier à très court terme. La production française, confrontée à l'embargo russe et la concurrence des deux principaux producteurs, l'Espagne et l'Allemagne (plus d'un tiers des cochons européens à elles deux), subit l'effondrement des cours: le kilo-carcasse est payé à peine au-dessus d'un euro, les éleveurs estiment qu'il leur faudrait 1,40 à 1,50 euro pour couvrir leurs coûts de production.  

- VIANDE BOVINE: avec 19 millions de têtes, la France abrite 22% du cheptel européen. Mais les éleveurs sont payés autour de 3,70 euros le kilo contre un coût de production de 4,40 euros.  En deux ans, le prix payé à l'éleveur s'est effondré de 60 centimes par kilo, affirme la Fédération des éleveurs bovins (FNB) qui accuse l'embargo russe (40.000 tonnes exportées en moins), la crise grecque, l'abattage massif de vaches laitières (dites de réformes) en raison de la crise du lait. Le revenu des éleveurs se situait déjà au bas de l'échelle en 2014 (moins de 18.000 euros).

Source fédérations professionnelles, ministère de l'Agriculture, Agence Bio.

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Commentaires 10

common

@@common
Merci pour tes explications...

@common

mais tu ne comprends pas c'est beaucoup , quand 10 producteurs dans un rayon de 15 km se mettent a faire chacun de la transfo de lait , et bien comme ca l'objectif est direct , on doit couler son voisin , c'est mieux que de vouloir couler son voisin européen on voit mieux on est aux premieres loges et on peut meme reprendre la ferme

common

@pipi
Tu repete ce qui a été dit - mais l'argument, c'est quoi...?
La competition sur les marchés locaux - pourquoi c'est supposé d'etre mieux? Les principes du 'marché' restent les memes...

numéro6

@taratata entièrement d'accord avec toi . les médiats ne s'intéressent pas à notre métier en dehors d'un scandale . ce parisianisme à outrance me fait dégueuler . bravo au département du Gers d'avoir boycotté le salon , boycottons aussi les médiats.
fier de m'occuper de mes animaux au quotidien , de respirer un air plus saint qu'en ville malgré que mes animaux pètent (cherchez l'erreur écolos mon c..), de produire la quasi-totalité de la nourriture sur mon exploitation....et cela pourrait-etre vendeur messieurs les journalistes si vos directeurs de publication voulaient bien en parler.

DATURA9594

Circuits courts et restauration Collective , y'a pas mieux .

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