Agriculture : Pas d'allègement du coût du travail permanent

S C avec Afp

Agriculture : Pas d'allègement du coût du travail permanent
Le coût d'un salarié devait baisser d'un euro par heure... la mesure ne sera jamais appliquée.

L'allègement du coût du travail permanent dans l'agriculture, promis en 2011 par l'ancien gouvernement, n'a jamais et ne sera jamais appliqué, le projet ayant été retoqué par Bruxelles, a assuré vendredi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

L'ex-Premier ministre François Fillon avait promis en mars 2011 un allègement du coût du travail permanent dans l'agriculture pour le début 2012. Le coût d'un salarié devait baisser d'un euro par heure, comme l'avait promis de son côté à plusieurs reprises le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Une disposition qui avait été budgétée sur 2012 par l'ancien gouvernement mais cette enveloppe de 210 millions d'euros n'a jamais été dépensée. 

"Ça n'a pas été fait car il y a eu un problème à l'échelle européenne", a expliqué le ministre, lors de la présentation du budget de son ministère.  La Commission européenne avait exprimé son opposition au projet dès mars 2012, assure-t-on au ministère, qui s'étonne que l'ancien gouvernement n'en ait pas fait part avant.

Pour financer cette baisse du coût du travail dans l'agriculture, le gouvernement Fillion avait mis en place une taxe sur les sodas (130 millions) et réduit un avantage fiscal sur le fioul domestique à usage professionnel (80 millions). Malgré l'abandon de ce projet, la taxe soda devrait être reconduite en 2013, a laissé entendre Stéphane Le Foll, expliquant que sa collecte bénéficierait au ministère de la Santé et non au sien.

L'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a dénoncé, via Twitter, "le hold-up de 210 millions sur les salariés agricoles pour financer les réductions de dépenses", visant les sommes récoltées pour cela et non dépensées. De son côté, M. Le Foll a estimé que "le voleur n'est pas là où on le pense" et que "si (la réduction du coût du travail) était si importante, il fallait l'appliquer". "Je suis extrêmement déçu", a de son côté réagi Xavier Beulin, président de la FNSEA, principal syndicat agricole, estimant que cet abandon allait peser un peu plus sur la compétitivité des exploitations françaises.  Par ailleurs, M. Beulin compte "demander le remboursement des taxes" car "la recette existe aujourd'hui et elle n'a pas servi".

 Pour améliorer leur compétitivité, notamment face à l'Allemagne, les agriculteurs réclament avec insistance une réduction du coût du travail. Ils avaient obtenu gain de cause pour les travailleurs saisonniers mais l’extension prévue aux salariés permanents n'a jamais été effective. L'allègement du coût du travail est maintenu pour les saisonniers dans le projet de budget 2013, présenté vendredi, mais il est limité aux bas salaires.

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