Agriculture - UE : Bruno Le Maire veut autant de régulation dans l'agriculture que dans la finance

B.BOUCHOT d'après AFP

La France a dit vouloir autant de régulation dans l'agriculture en Europe que pour la crise financière, afin de garantir un revenu décent à la profession.

La régulation, « fil rouge » de l'action de la France

« L'Agriculture est un secteur trop stratégique pour qu'on le laisse aux seules forces du marché », a déclaré le nouveau ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à l'issue de sa première entrevue à Bruxelles avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. M. Le Maire a prévenu que ce serait « le fil rouge » de l'action de la France dans les années qui viennent, surtout en vue des discussions sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC) et de son futur budget.

Le maintien d'instruments de régulation forts doit permettre de garantir un « revenu stable et décent » aux agriculteurs, a dit le ministre, en jugeant que la volatilité actuelle n'était pas « viable ».

Le point de vue de Bruno Le Maire sur les quotas laitiers

Le nouveau ministre n'entend plus se battre pour maintenir les quotas laitiers coûte que coûte. « Sur les quotas, je suis pragmatique », a-t-il dit, suggérant qu'ils n'étaient pas forcément responsables de la chute actuelle des prix du lait, contrairement à ce qu'affirment de nombreux agriculteurs, et qu'il convenait « de trouver d'autres solutions » pour faire remonter les tarifs.

M. Barnier insistait jusqu'ici pour qu'on se garde la possibilité de les conserver afin de pouvoir si nécessaire maîtriser la production pour faire remonter les prix. Certains producteurs de lait jugent eux que la hausse en cours des plafonds de production est responsable de l'effondrement actuel des prix laitiers.

Argument rejeté par la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, qui fait valoir que les quotas ne sont même pas atteints aujourd'hui dans l'UE. Pour elle, cela signifie que le problème vient d'une demande insuffisante induite par la crise économique notamment.

M. Le Maire a repris partiellement à son compte l'argument de la Commission en reconnaissant que sur un quota annuel alloué à la France de 25 milliards de litres de lait en 2009, le pays n'en utiliserait que 23 milliards. De ce fait « les quotas ne seront pas remplis, et donc les quotas ne sont pas une solution à la crise », a dit le ministre.

Source AFP

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