Agriculture : un budget ministériel en légère augmentation

Lise Monteillet

Agriculture : un budget ministériel en légère augmentation

5,2 milliards d’euros sont alloués au budget du ministère de l’Agriculture, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF), soit une hausse de 1,6 % par rapport à 2017. Un « effort exceptionnel » a notamment été réalisé sur la gestion des risques sanitaires et agricoles.

"Le diable est toujours dans les détails"

La FNSEA réagi à l'annonce de ce budget par un communiqué : "en apparence, ce budget est stable mais le diable est toujours dans les détails". Le syndicat regrette "qu'une mesure, conquise et décidée en 2016 visant à alléger le poids des charges sociales pour les paysans (moins 7 points sur les cotisations maladies), est remplacée par un système complexe qui sera, au final, sous couvert de bonnes intentions, très coûteux pour l'agriculture".

Dans le cadre du PLF, le ministère de l’Agriculture a revu à la hausse les moyens alloués aux contrôles et à la surveillance des dangers sanitaires. Le budget a ainsi augmenté de 12%, hors dépenses de personnel. Ce surplus va permettre de mieux gérer Xylella fastidiosa (+6,4 millions d’euros), le capricorne asiatique (+1 million d’euros), les maladies animales comme la tuberculose, la brucellose des ruminants, la fièvre catarrhale ovine ou les crises aviaires (+5,7 millions d’euros) et les salmonelloses aviaires (+3,2 millions d’euros).

« Pour la première fois, une provision pour aléas est créée au PLF 2018, pour un montant de 300 millions d’euros », annonce Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture. Elle doit permettre de couvrir les crises économique, sanitaire ou climatique qui pourraient affecter le secteur agricole en 2018, ainsi que les pénalités imposées par la Commission européenne. Le ministre souhaite ainsi « accélérer la réactivité de l’action publique face aux crises ». Ces fonds « étaient habituellement pris sur le budget de l’État », explique-t-il. Et de préciser : « Je ne sais pas si cela sera suffisant. Nous verrons par la suite s’il faut mobiliser d’autres fonds ».

Rattraper les retards de paiement de la PAC

Le budget du ministère est aussi largement consacré au cofinancement du second pilier de la PAC. Le budget 2018 prévoit sur ce point 455 millions d’euros d’autorisations d’engagement. Le financement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) est maintenu à 264 millions d’euros, les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) atteignent 81,4 millions d’euros, dont la moitié pour l’agriculture biologique. Quant à la dotation aux jeunes agriculteurs (DJA), elle demeure au niveau de 2017, soit 38,4 millions d’euros.

Néanmoins, les crédits de paiement sur l’ensemble de ces dispositifs vont être renforcés (+26%), afin d’achever « le rattrapage des retards de paiements PAC dus aux agriculteurs », précise le ministère. 300 vacataires vont aussi venir en en renfort dans les directions départementales agricoles (DDT) pour accélérer le traitement des dossiers.

Autre priorité du ministère : la formation. Les crédits de paiements consacrés à la recherche et à l’enseignement augmentent de 2,9%, hors dépenses de personnel.

Enfin, il est prévu une baisse des effectifs du ministère, en dehors de l’enseignement et de la sécurité sanitaire, afin de réduire les dépenses publiques. 225 équivalents temps plein sont concernés. 

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