Agrifaune : Environnement : une alliance en faveur du petit gibier

C.F.

Jean-Pierre Poly, directeur général de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), était en Planèze vendredi pour un bilan de l'opération.

Depuis 2008, huit communes de la Planèze de Saint-Flour sont impliquées dans le programme Agrifaune, un partenariat entre chasseurs et agriculteurs qui bénéficie de l'appui de la Chambre d'agriculture et de l'ONCFS, initiateur et financeur du projet. L'objectif est de diversifier l'habitat en faveur de la faune sauvage, avec l'aide d'agriculteurs, qui cultivent des parcelles de céréales pour leur usage mais aussi qui, par le choix des fourrages cultivés, permettent au petit gibier de se nourrir : “Ce beau partenariat participe à la réconciliation du monde de la chasse et de l'agriculture, un attelage qui doit être solide, dans le sens de la préservation de la biodiversité, sachant que le petit gibier intéresse les jeunes chasseurs et que c'est donc l'avenir de la chasse”, déclarait ainsi Jean-Pierre Poly à l'occasion de ce nouveau bilan à Cussac, assorti d'une visite sur le terrain en présence du préfet du Cantal.

La qualité des couverts

Les responsables agricoles et cynégétiques du dossier Agrifaune avaient en effet, déjà en septembre, réuni les agriculteurs et les chasseurs concernés pour dresser un bilan des expérimentations réalisées en 2009-2010. Verdict : les avis avaient été unanimes sur la qualité des couverts implantés en 2010 dans l'ensemble des parcelles. Cette nouvelle visite a permis à Jean-Pierre Poly d'apprécier l'évolution de la situation sur un terrain qui ne lui est d'ailleurs pas inconnu : “En 2005, j'étais déjà venu une première fois en Planèze pour encourager les efforts du Groupement d'intérêt cynégétique de la Planèze (Gic) qui oeuvrait déjà pour la sauvegarde du petit gibier. Depuis, les choses ont encore évolué avec la mise en oeuvre d'Agrifaune. Nous commençons ainsi aujourd'hui à tirer de plus en plus d'enseignements de cette pratique sur les exploitations en question. La démarche initiée ici croise en outre l'initiative nationale avec une soixantaine d'exploitations engagées dans Agrifaune, un programme qui prouve la compatibilité entre économie agricole et chasse.” Dans le cadre de cette opération menée sur le territoire, perdrix et lièvres sont ciblés en priorité et c'est logique : “La population de perdrix grises, interdites à la chasse depuis dix ans, est en nette baisse. C'est la dernière, à cette latitude, en France et nous devons tout mettre en oeuvre pour remédier à cette situation car la perdrix fait partie de notre patrimoine”, avançait ainsi le président de la Fédération des chasseurs du Cantal, Jean-Pierre Picard, ce même vendredi, lors du rendu de l'opération, salle des fêtes de Cussac.

 

Une démarche fondamentale

Et de souligner l'expérience du Gic de la Planèze en matière d'amélioration de l'habitat pour le petit gibier “qui fait en somme de l'Agrifaune depuis une dizaine d'années, une démarche fondamentale car intervenant à la fois pour la petite faune sauvage et sur les milieux, de même que sur les relations entre agriculteurs et chasseurs qui permettent de sortir des problématiques habituelles du grand gibier et de ses dégâts…” Son souhait étant enfin de compter une centaine de parcelles engagées dans l'opération dont “un suivi léger” indique déjà que ces parcelles constituent “un véritable refuge pour beaucoup d'espèces animales”. Agrifaune, selon Gérard Magné, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture, doit cependant “passer à une plus grande échelle mais, pour cela, la réglementation doit évoluer, car on ne peut actuellement y participer qu'avec des parcelles non engagées dans la Pac… et je ne vois pas pourquoi...” Agrifaune, qui illustre un “excellent exemple de coopération entre agriculteurs et chasseurs, doit en outre concilier activité agricole et chasse et donc ne pas conduire à l'abandon de certains terrains”. Une opération qui, pour le sénateur Pierre Jarlier, a valeur d'exemple et encourage tous ceux qui sont des précurseurs de telles opérations à poursuivre. Il est en effet important que chasseurs, agriculteurs ou responsables des milieux environnementaux travaillent ensemble pour la préservation de la biodiversité, garante de l'équilibre de l'environnement pour les générations futures, le préfet, Marc René Bayle, se félicitant enfin de “l'exemplarité de cette opération”.

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Source L'Union du Cantal

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