Agroalimentaire : les marges des entreprises se dégradent

S C

Agroalimentaire : les marges des entreprises se dégradent
En 2012, l'agroalimentaire est resté le premier secteur industriel français (DR).

Le secteur agroalimentaire traverse une crise de confiance et les entreprises agroalimentaires souffrent d'une dégradation sans précédent de leurs marges... C’est le constat que fait l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) qui s'alarme de la santé financière des entreprises.

« Malgré des résultats qui peuvent paraitre à première vue positifs, les mois qui se profilent s'annoncent difficiles », a expliqué l’Ania à l’occasion de la présentation de son bilan annuel.

Le secteur agroalimentaire serait en effet  confronté à une série de facteurs menaçant la santé de ses 13.000 entreprises, estiment ces professionnels de l’agroalimentaire. Premier facteur alarmant : la production industrielle baisse, avec un repli de 1% de l'activité sur les douze derniers mois mais surtout,  l'emploi s'érode avec la perte de près de 3.900 emplois en 2012 et 5.000 autres dans les prochains mois si les pouvoirs publics ne font rien de concret.

297 entreprises défaillantes

Des difficultés sur fond de baisse du pouvoir d’achat qui se traduit  par une  baisse de la consommation alimentaire de 0,5%. Résultat : Le taux de marge brute des entreprises ne cesse de se dégrader pour atteindre un plancher historique à 22,4% (soit 14 points de moins qu'en 2008). Les défaillances ont également  augmenté en 2012 : 297 entreprises concernées contre 247 l'année précédente. C'est plus qu'en 2008 et 2009, au moment de la "grande récession".

« La volatilité du prix des matières premières pénalise toujours plus la trésorerie des entreprises, lesquelles ne parviennent pas à répercuter ces hausses », explique l’Ania qui met également en cause les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs.

« Arrêter de tirer toujours plus les prix vers le bas »

Des négociations qui se sont déroulées, cette année encore, dans un climat extrêmement tendu avec « des refus systématiques de hausses de tarifs, aucune prise en compte des augmentations de matières premières par les distributeurs et aucune contrepartie aux réductions de prix », selon l’Ania.

 « L'urgence est de mettre fin à la spirale déflationniste et d'arrêter de tirer toujours plus les prix vers le bas. La seule solution qui s'impose désormais est de rétablir la notion de juste prix, d'encourager la recherche et l'innovation, de préserver les emplois dans nos entreprises et de remettre le consommateur au centre de l'équation, » conclut Jean- René Buisson.

En 2012, l'agroalimentaire est toutefois resté le premier secteur industriel français avec un chiffre d'affaires de 160,9 milliards d'euros en légère augmentation par rapport à 2011 (+2,3%). Il a conservé également son rang de premier employeur industriel avec 495.000 salariés, et son solde commercial a atteint 9,2 milliards d'euros (contre 8,2 milliards en 2011).

Mais ce secteur a perdu sa quatrième place d'exportateur mondial au profit du Brésil. Il est donc passé du deuxième au cinquième rang mondial en l'espace d'une décennie...

Source ANIA

Publié par S C

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Commentaires 4

moi meme

bonjour cela fait 30ans que le prix de mes poulets commercialises par coop n'a pas ete revalorise 2/100d'inflation multiplie par 30 ans 60/100de perte de pouvoir d'achat au profit des industriel agro et du consommateur bref j'ai arrete yout investissement dans ce secteur non rentable de qui ce fout on mr les gouvernents .

Pierg

@pletin
Bongrain peut-être, mais quid de toutes les PME coincées entre les hausses matières et les refus systématiques de la GD des hausses de tarif? Les négos se font à coup de lettres recommandées, de menaces de déréférencement, d'arrêt de livraison.

pietin 113

+45% de benefice en 2012 pour bongrain;les marges se degradent pour qui?

or blanc

oh les pauvres...

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