Agronomie : Du froid qui va faire du bien

Rédaction Vendée agricole

Encore une situation inédite pour les agriculteurs d’aujourd’hui avec du blé en fin tallage.Heureusement lemercure redescent. A l’avenir il va falloir jouer avec les dates de semis.

Le pire n’est jamais sûr » avait pour habitude de dire un préfet de passage en Vendée il y a une dizaine d’années. La maxime pourrait bien être appropriée encore pour cet hiver 2010 et sa végétation dangereusement en avance en ce début janvier. « Ce qu’il nous faudrait c’est un refroidissement qui arriverait tout doucement » s’accordent à espérer tous les producteurs de céréales et de colza. Leurs voeux pourraient bien être exaucés dès ce week-end et pendant toute la semaine prochaine. (Voir aussi la rubrique météo de la vendée agricole en page 33 et la météo à 5 jours sur agri85).

Pas d’affolement donc ! Le seul souci dans une exploitation pourrait être causé par des semis exclusivement précoces. Au vu des visites effectuées par les conseillers de la chambre d’agriculture, les blés semés dans la deuxième quinzaine d’octobre, arrivés aujourd’hui au stade fin tallage, sont véritablement trop avance. Mais ceux qui ont été semés dans la deuxième vague (15-20 novembre) n’ont rien d’inquiétant. Les uns et les autres feront en tout cas le meilleur usage du séjour prolongé à moins de 5° qui arrive.

Aucune parcelle entière n’a été retournée contrairement au bruit qui a été colporté, confirment les conseillers.  « Ça ne pourrait se justifier qu’en dessous d’une espérance de récolte de 50 % mais on n’en est pas là et ce serait d’ailleurs tout à fait incohérent », estime Thierry Rattier de l’équipe Plaine-marais.

Pâturer ? Pas à exclure

Dans une situation de foison exceptionnelle il n’écarte cependant pas la solution du pâturage hivernal de ces céréales et des ces colzas. « Regardez les bords de champs qui sont broutés en hiver par les lapins ou les lièvres, ça ne les empêche pas de repartir ensuite et de donner des récoltes correctes ».

Le risque le plus grand serait – ou aurait été – un gel sévère et brutal après montaison sur des blés alternatifs.

Alors que faire ? « Attendre la fin janvier et le stade épi 1 centimètre, puis les résultats d’analyse de reliquats d’azote, pour décider de la gestion des apports d’azote, recommande Julien Cailler. A ce moment là nous conseillerons peut-être l’application d’un régulateur de croîssance qui en durcissant les tiges, contribuera à limiter leur taille.

Enfin pour l’avenir, prévient Thierry Rattier, il faudra perdre l’habitude de ne semer que dans l’hypothèse d’une année normale. Parce que les années normales pourraient bien être de plus en plus rares. Il faudra donc apprendre à mettre ses œufs dans plusieurs paniers en gérant les dates de semis.

Colza : Brûler un cierge

Pour ce qui est du colza, Jean-Pierre Palleau, ingénieur du Cetiom, invite à bien faire la différence entre un colza plutôt allongé du fait d’une belle croissance à l’automne, et la montaison. Mais le colza marquant bien l’hiver, ce risque de montaison est lui aussi écarté et mis à part un gel mécanique dans un sol saturé qui pourrait alors briser les tiges, ou des attaques de phoma ou d’autres parasites sur la partie allongée plus sensible, le danger le plus à craindre sera celui de la verse.

Le travail sur l’élongation se faisant à l’automne et les variétés à trop forte élongation ayant été écartées, il ne reste plus pour  JP Palleau qu’à « brûler un cierge », l’application d’un éventuel régulateur de printemps ne pouvant plus maintenant agir que sur l’homogénéité de la floraison.

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