Aïda : Tête d'affiche du Salon international de l'agriculture

Patricia Olivieri

C'est une vache de l'EARL des Grandes landes (Cher) qui a été choisie comme figure de proue du Sia 2010.

Elle porte le nom d'un des plus grands opéras de Verdi et devrait prochainement être à l'affiche dans le tout Paris, et au-delà, avant de poser une semaine durant Porte de Versailles. Pourtant, Aïda n'a que cinq ans et passait jusqu'alors une vie tranquille à ruminer en Sologne auprès de ses congénères... salers. Cette vache de l'EARL des Grandes landes a en effet été retenue comme ambassadrice du Salon international de l'agriculture 2010. Un statut qui ne tient pas vraiment du hasard à entendre la passion et le parcours de Jean-Paul et Laure Réveille, les propriétaires d'Aïda et éleveurs inconditionnels d'une race pour laquelle ils ont opté voilà seulement six ans. Quand ils reprennent le domaine familial dans le Cher, ils envisagent, en parallèle des cultures céréalières présentes, d'entretenir les nombreux terrains en bord de rivière, marécageux, et de préserver la biodiversité de ce site Natura 2000 en faisant appel à des irish cattle (vaches “tondeuses”) ou des salers. Ce sera la salers.

Des perfectionnistes de la salers

Un choix qui va les engager durablement : “Dès qu'on met le doigt dans la salers, c'est le bras entier qui est aspiré”, s'amuse Jean-Paul, qui assure l'élevage d'une centaine d'animaux, tandis que Laure, installée en 2003, se charge de la transformation et de la commercialisation des veaux de six mois et boeufs de trois ans livrés en caissettes. “On a commencé avec une quinzaine de vaches issues de chez Rougier au Monteil, une très bonne souche, rustique et surtout très docile”, commente celui qui sillonne chaque mois avec son épouse les routes du Cantal “pour apprendre, trouver des animaux pour améliorer nos conformations”. Une envie de progresser permanente de la part du couple qui considère que son troupeau, conduit en plein air intégral, est une illustration parfaite des qualités de la race : rusticité, facilité de vêlage (même si Jean-Paul préfère “être là”), grosse capacité d'ingestion et de valorisation des fourrages grossiers issus des terres pauvres de ce coin de Sologne, sans compter une docilité hors pair. “On sort des veaux de 150 kilos de carcasse en super état et qui n'ont jamais vu de médicaments, ni de vétérinaires, se félicite J.-P. Rivière. Sans être bio, c'est un argument de poids pour nos clients”.

 

Insuffler une dynamique

Des atouts qu'il compte bien continuer à faire valoir auprès de ses confrères du nord du Cher, avec en projet un concours salers sur le secteur “pour mieux se connaître, et développer les ventes de nos animaux”. “Lors des comices cantonaux, j'ai eu beaucoup de contacts avec des gens en charolais qui voulaient passer en salers. À l'époque, je n'avais pas suffisamment d'animaux à vendre, c'est resté lettre morte”. En fédérant les éleveurs salers du secteur(2), les Réveille ont l'ambition de faire rayonner la salers dans le secteur, l'ouest du Loir-et-Cher et le sud Loiret. Quant à la sélection d'Aïda, le couple y voit une reconnaissance des points forts de son élevage : homogénéité et bonnes conformations générales du troupeau mais aussi une très grande docilité du cheptel. “C'est très bien que le herd-book ait voulu mettre en avant un élevage extérieur au berceau, relève M. Réveille. Ça ne peut être que positif en montrant également que les éleveurs hors berceau sont de bons sélectionneurs”. En attendant les strass et paillettes, Jean-Paul Réveille bichonne Aïda et la prépare au grand rendez-vous : “C'est une vache docile au pré, mais de là à la faire marcher en laisse dans les rues de Paris, il y a encore un peu de boulot !”, confie-t-il.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier