Aide alimentaire : Les Européens échouent à trouver un accord

d'après AFP

Les Européens ont échoué à trouver un accord pour maintenir en l'état un programme d'aide alimentaire issu des fonds agricoles, renvoyant toute décision à plus tard. Les associations caritatives tirent la sonnette d'alarme.

« Nous n'avons pas encore enregistré de compromis, ce sera peut-être le cas plus tard », a constaté le ministre polonais de l'Agriculture Marek Sawicki, dont le pays préside l'UE, à l'occasion d'une réunion infructueuse avec ses homologues européens à Bruxelles.

Le blocage provient de six des 27 États de l'UE qui « sont clairement opposés » à une solution permettant d'éviter, en 2012 et 2013, une réduction drastique du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), a souligné M.
Savicki en regrettant leur « manque de volonté politique ».



Les fonds pourraient passer de 480 à 113,5 M€

L'Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque forment à eux seuls une minorité de blocage qui pourrait faire passer les fonds alloués au PEAD de 480 millions d'euros cette année à
113,5 millions d'euros en 2012. «

Les Six brandissent un arrêt de la Cour européenne de justice, qui, en avril, a estimé que ce programme, lancé en 1987, avait été dénaturé. De fait, les excédents agricoles qui l'alimentaient ont pratiquement disparu et ont été supplantés ces dernières années par des achats de nourriture, financés par la Politique agricole commune (PAC). Or, ces achats n'ont rien à voir avec la PAC et relèvent de la politique sociale, a argumenté la Cour.

Et cette dernière est du ressort des budgets nationaux, a jugé le représentant allemand, le secrétaire d'État Robert Kloos. »Dans son principe, l'aide aux démunis est une bonne chose, mais c'est le devoir des États nationaux« .

440.000 tonnes d'aide alimentaire dans une vingtaine d'États

La présidence polonaise de l'UE comme la Commission ont rejeté ces arguments.M. Ciolos assure avoir une solution qui permette de surmonter les objections de la Cour pour les deux ans à venir, en maintenant le financement via la PAC, avant que les fonds sociaux européens ne prennent le relais en 2014.

L'enjeu est de taille: ce programme permet de distribuer chaque année 440.000 tonnes d'aide alimentaire dans une vingtaine d'États.

« Le problème n'est pas juridique, pas financier, le problème est politique », a souligné le ministre français Bruno Le Maire en se réjouissant que le report de la décision ait « permis d'éviter le pire ». « Nous avons un mois pour convaincre », a-t-il estimé, en promettant qu'en cas d'échec, le gouvernement français « ne laissera pas tomber les associations ».

La question, faute d'accord d'ici là, pourrait être soulevée au prochain sommet des dirigeants européens, mi-octobre à Bruxelles.

Publié par d'après AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier