Aides PAC : Les céréaliers clament leur colère à Paris

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Plusieurs milliers d'agriculteurs, en majorité des céréaliers, ont manifesté mercredi à Paris pour demander le retrait du plan sur la redistribution des aides européennes, estimant qu'il entraînerait une baisse de leurs revenus.

Ce rassemblement, organisé du Champs de Mars aux Invalides par les fédérations régionales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, visait à dénoncer la redistribution (à partir de 2010) de près de 1,4 milliard d'euros d'aides en faveur des filières agricoles en difficulté. Les céréaliers, principaux bénéficiaires des aides européennes, sont les plus affectés par cette réorientation de la politique agricole française.

Les manifestants, au nombre de 4.000, ont réclamé de nouvelles négociations avec Michel Barnier, estimant que cette redistribution va peser sur leur « compétitivité », sacrifier l'emploi et plomber la balance commerciale française. « On est d'accord pour que les éleveurs soient aidés, mais pas sur le dos des céréaliers. », clame Cyril, exploitant dans la Marne, qui participait à la manifestation.


Coordination : « une réforme détestable et dangereuse »

Les autres syndicats agricoles, Confédération paysanne et Coordination rurale, s'étaient désolidarisés de cette manifestation. La Confédération qualifie la manifestation des agriculteurs d'Île-de-France d'« indécente ». Elle juge « choquant » que les céréaliers, d'Ile-de-France notamment, aux revenus bien supérieurs aux autres filières « fassent main basse » sur les aides européennes.

La Coordination rurale, dans une lettre ouverte aux agriculteurs, s'étonne que «les FDSEA appellent à manifester contre une réforme qui a été cogérée par les principaux leaders syndicaux de la FNSEA». Dans un courrier adressé au président de la République, elle demande une réorientation de la PAC et non une réorientation des aides. « La réforme proposée est détestable et dangereuse » estime la CR. Détestable, car les aides vont, selon elle « aggraver les difficultés des producteurs de grains, sans pour autant régler les problèmes des éleveurs ». Dangereuse, car «elle crée une division entre les céréaliers et les éleveurs, alors que les agriculteurs doivent rester unis pour remplir leur mission commune de nourrir la population».

Publié par SC

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