Algues vertes : Préfet des Côtes d'Armor : «Il faut révolutionner les pratiques agricoles»

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Dans un note, le préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas estime que le phénomène des algues vertes en Bretagne ne peut que perdurer car la profession agricole «n'est pas prête à accepter un changement profond des pratiques».

Cette note confidentielle, datée du 4 septembre, publiée par les sites internet des quotidiens le Télégramme et Ouest-France, a été adressée au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, et à la secrétaire d'État à l'Écologie. Le Préfet y affirme que la diminution visible et notable de la prolifération des algues vertes «ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment».

« Il s'agit de révolutionner, sur ces secteurs, qui représentent 2.190 exploitations, les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant. Cette évolution n'est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer », poursuit la note.

Pointés du doigt depuis des années, les agriculteurs bretons ont récemment redit qu'ils refusaient d'être les seuls « boucs émissaires » et insistent sur l'évolution de leurs pratiques et les efforts réalisés.



Une nouvelle « MAE algues vertes »

« Afin d'éviter que l'État soit de nouveau mis en cause (il a été condamné par le tribunal administratif en 2007, ndlr) et pour obtenir des résultats en la matière, il importe néanmoins d'afficher une politique volontariste pérenne » pour stabiliser ou limiter ce phénomène, conclut le préfet.

Il préconise notamment la mise ne place d'un programme d'action de type ZSCE (zones soumises à contraintes environnementales) sur les secteurs à algues vertes et un dispositif d'aide de type MAE (mesures agri-environnementales) pour que les actions proposées soient incitatives.

Les pistes évoquées par le Préfet dans le cadre de cette nouvelle «MAE algues vertes» sont : fertilisation des prairies uniquement au printemps ; limitation des pâturage à 600 jours/ha/an ; mise en place de cultures intermédiaires ; utilisation de variétés de maïs plus précoces ou de tournesol ; remplacement des céréales d'hiver par des céréales de printemps...

Une mission interministérielle sur la prolifération des algues vertes (mise en place après la mort d'un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grèves le 28 juillet) est en cours et devra remettra ses conclusions à François Fillon en décembre.

Publié par SC

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