Algues vertes : Un élu et des associations jugent suspect le décès d'un salarié

Un salarié qui transportait des algues vertes dans les Côtes-d'Armor est mort fin juillet, un décès qui pourrait être lié, selon un élu et des associations, à des algues vertes en décomposition dont la toxicité a récemment été reconnue par les pouvoirs publics.

Thierry Burlot, président du syndicat mixte de traitement des ordures ménagères de Lantic, a fait savoir qu'il avait récemment alerté la préfecture après avoir appris « fortuitement », un mois après, le décès d'un salarié d'une entreprise privée de transport. Celui-ci « livrait » des algues vertes entre Binic (Côtes-d'Armor) et une usine de traitement des déchets située à Lantic.

M. Burlot dit avoir prévenu les autorités début septembre en vertu du « principe de précaution » après avoir entendu fin août « François Fillon expliquer sur la plage de Saint-Michel-en-Grève que les algues vertes étaient hautement toxiques et qu'il fallait protéger les salariés ». La préfecture des Côtes-d'Armor a affirmé avoir appris le décès tout récemment via la lettre de l'élu. « Compte tenu du contexte, le préfet a transmis ce courrier au procureur de la République de Saint-Brieuc », a déclaré, le secrétaire général de la préfecture, Philippe de Gestas.

Pour l'instant, a-t-il ajouté, « nous n'avons pas de position sur ce décès car nous n'avons pas d'éléments », a-t-il poursuivi.

Selon M. Burlot, le salarié, qui est décédé le 22 juillet, ne portait pas d'équipements de protection. Un rapport officiel avait confirmé fin août que l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition pouvait être « mortel » en cas de concentration importante. Ce rapport avait été demandé après la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).

« Il y a de fortes suspicions que ce décès soit lié aux algues vertes », a affirmé Yves-Marie Le Lay de « Sauvegarde du Trégor ». Un propos relayé par Denis Baulier, porte-parole du collectif « Urgences marées vertes » qui souhaite que « toute la lumière soit faite ».

Selon Claude Lesnée, médecin au CNRS et au département de santé publique de l'université de Rennes 1, le salarié « avait transporté des caissons d'algues vertes en état de décomposition et a donc été exposé ». Il a expliqué que « les scénarios » d'intoxication aux algues vertes, dus au gaz dégagé par la décomposition, ressemblaient « étrangement » à ce décès. Selon lui, l'exposition aux algues vertes en putréfaction peut, entre autres, provoquer un oedème pulmonaire ou un accident cardiaque.

Environ 300 plaintes ont été déposées au tribunal de Guinguamp contre le préfet des Côtes-d'Armor, accusé de ne pas prendre les mesures nécessaires face à la prolifération des algues vertes.

Source AFP

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