Alimentation: "pression déflationniste" dans les négociations

Alimentation: "pression déflationniste" dans les négociations

Un climat commercial qui "continue de se dégrader" malgré des efforts isolés: les négociations tarifaires annuelles entre les industriels de l'agroalimentaire et leurs clients de la grande distribution ont été marquées cette année encore par une "pression déflationniste", dénonce jeudi l'Ania (association nationales des industries alimentaires).

"Des demandes excessives de déflation (baisse de prix, ndlr) ou de promotions semblent constituer les principaux freins à la finalisation des négociations. Au-delà de la signature, nous resterons extrêmement vigilants sur le respect des accords tout au long de l'année", indique Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, dans un communiqué. Car les négociations ont particulièrement traîné en longueur cette année, selon les industriels, qui indiquent même que certains d'entre eux n'ont toujours pas trouvé d'accord avec certaines grandes centrales d'achats, plus d'une semaine après la date butoir légale. L'Ania indique toutefois que "ce constat est particulièrement différencié en fonction des enseignes", certaines d'entre elles ayant "rapidement" trouvé des accords avec leurs fournisseurs.

623 alertes et signalements

Mais "le non-respect des accords" constitue "une pratique courante de la part des enseignes", dénonce l'Ania. Cela s'est matérialisé le plus souvent l'an dernier "par des demandes de compensation de marges en cours d'année, des demandes financières complémentaires en fin d'année ou des reports de paiements imposés", ajoute l'organisation professionnelle. Elle rappelle au passage sa vigilance tout au long de l'année sur cette question. Ainsi, l'observatoire des négociations commerciales, créé en 2015 par l'Ania, a reçu, entre le 1er octobre 2016 et le 2 mars 2017, pas moins de "623 alertes et signalements de mauvaises pratiques commerciales de la part d'entreprises agroalimentaires", contre un peu plus de 320 l'année précédente.  

Le prix le plus bas

Ces signalements concernent, selon l'Ania, toutes les catégories de produits alimentaires et toutes les tailles d'entreprises. Au premier rang de ces mauvaises pratiques, "la non-prise en compte de la hausse significative des matières premières agricoles". L'Ania indique que les prix des matières premières alimentaires ont augmenté en moyenne de 12% en 2016, avec parfois de véritables explosions sur certaines denrées comme le café robusta (+52%), les oranges (+50%), le lait (+30%), le porc (+22%), le saumon fumé (+50%), le sucre (+30%) ou encore les huiles (+16%). En cas de mauvaises pratiques généralisées, l'Ania "a adressé un courrier aux enseignes concernées pour les informer et leur demander de remédier au plus vite à la situation", indique-t-elle. "La recherche systématique du prix le plus bas, sans considération pour le savoir-faire, le produit ou la réalité économique des acteurs doit cesser", déclare Jean-Philippe Girard, qui affirme que "depuis 3 ans, la déflation des produits alimentaires a atteint 4%".

Source Avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires