Alimentation : Un rapport révèle les marges importantes de la grande distribution

Philippe Chalmin, expert des matières premières agricoles, présente aujourd'hui son rapport final sur l'évolution des prix et des marges dans l'alimentation. Il confirme que les marges brutes de la grande distribution ont fortement augmenté, quels que soient les prix payés aux agriculteurs.

Depuis dix ans et sur certains produits notamment le lait, le beurre, la viande, les fruits et les légumes, les marges des distributeurs ont fortement augmenté tandis que la plupart de celles de leurs fournisseurs ont baissé, indique le rapport Chalmin sur l'observatoire des prix et des marges présenté aujourd'hui au gouvernement.

D'après le quotidien les Échos d'aujourd'hui : en 2000, 45% du produit de la vente de la longe de porc revenait par exemple à l'éleveur, pour seulement 36% aujourd'hui. La part de l'industriel, chargé de l'abattage, a également chuté, passant de 11% à 8,8%. Dans le même temps, la marge du distributeur est passée de 39% du prix final à 55% aujourd'hui. S'agissant du lait ou du beurre, la part des producteurs a également baissé. Pour les fruits et légumes, la marge brute du distributeur sur le melon serait par exemple de 50%.


Less réels profits réalisés par les distributeurs restent inconnus

Mais l'observatoire « manque pour l'instant de données pour analyser le contenu des marges de la grande distribution », affirme l'établissement public FranceAgrimer, membre de l'Observatoire. « En général les marges brutes de la grande distribution sont plus importantes que celles de l'industrie, mais pour comprendre pourquoi elles sont plus importantes, il faut disposer des comptes analytiques que nous devrions avoir d'ici l'automne », a-t-on ajouté de même source.

Présidé par l'économiste Philippe Chalmin, chargé de décortiquer la formation des prix dans le secteur agricole, ce rapport se présente sous la forme de 250 pages réalisées avec le concours de l'Insee, d'Agrimer et du service statistique du ministère (Agreste). L'objectif de cette enquête était de voir si les industriels et les distributeurs répercutaient les chutes de prix à la production.

Les agriculteurs accusent en effet, de façon récurrente, les distributeurs de refuser d'accéder à leur demande de hausses de tarifs alors qu'ils sont confrontés à l'envolée des prix des matières premières agricoles.


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