Améliorer le revenu laitier et allaitant

C.Fournier

Améliorer le revenu laitier et allaitant
Lors de l’AG, les leviers pour améliorer le revenu ont été exposés par Yannick Pechuzal. -C.Fournier

“Quel avenir, quels changements pour nos exploitations ?” C’est autour de ces questions du président du GVA de Ruynes Saint-Flour nord que s’est articulée l’assemblée générale du 5 décembre à Trailus.

Tout d’abord, David Lamat est intervenu sur la réforme de la Pac abordée en février dernier à Ruynes-en-Margeride(1) avec le constat d’un impact jugé “plutôt positif sur notre secteur”, sachant qu’il va falloir “optimiser par rapport à nos structures, notamment en ce qui concerne les aides à travers la transparence de Gaec”. Ensuite, c’est à un exposé plus technique que l’animateur du GVA s’est livré sur le thème “santé des pattes et parages”, tout en rappelant la journée technique sur l’ensilage et l’enrubannage des céréales du 2 juillet à Chaliers et la production maïs fourrage en montagne le 26 septembre à La Chapelle-Laurent. En 2015, les adhérents du GVA seront conviés à “un travail sur les céréales pour un meilleur rendement”. D’où deux visites, l’une en hiver consacrée aux reliquats azotés, l’autre au printemps portant sur les maladies.

Tendre vers un Smic et demi

C’est aussi sur les nouvelles techniques, notamment la phytothérapie, que David Lamat s’est exprimé : “Ce traitement alternatif par les plantes offre de nouvelles méthodes d’approche.” Avantage, cela va dans le sens du plan ÉcoAntibio 2017 avec des produits (lait ou viande) qu’il est possible de mettre sans délais sur le marché, d’où une approche économique positive. Une intervention qu’il consacrait enfin à la maîtrise des charges : “Il est important que chaque agriculteur puisse calculer son coût de production, un outil essentiel dans le pilotage de l’exploitation.” Un thème en lien étroit avec l’intervention de Yannick Péchuzal, qui proposait à l’assistance d’identifier les leviers pour améliorer le revenu des élevages laitiers et allaitants. Pour le technicien, un constat est parlant : “Le niveau de rémunération des éleveurs est relativement bas. En moyenne, c’est de l’ordre d’un Smic net annuel (pour 3 000 heures de travail).” Mais cette moyenne cache une disparité : “20 % des éleveurs sont au-dessus, avec un Smic et demi, un chiffre qui reste bas étant donné que la conjoncture n’était pas mauvaise et pour le lait et pour la viande.” L’objectif est ainsi de “tendre vers un Smic et demi pour un maximum d’agriculteurs (et par UMO)”. C’est là que les leviers prennent tout leur intérêt, et en premier lieu “le prix rémunérateur. S’il n’est pas possible de décider des prix du marché, il est possible d’améliorer la qualité de sa propre production dont est fonction le prix payé. Un résultat qui peut être atteint par un lait à 420 euros pour 1 000 litres, et une viande vive à 3 euros par  kilo. Autre piste : les soutiens publics avec une nouvelle Pac qui devrait conduire à ce qu’un bon nombre d’élevages soient gagnants. Enfin, il faut optimiser ce qui existe. Des éleveurs sont à un demi Smic, soit un écart de 39 euros pour 1 000 litres entre la meilleure rémunération  et  la  moins bonne… Il est donc important d’optimiser l’ensemble des résultats de l’exploitation, d’agir aussi en termes de coût de production,… et avant tout, de faire un diagnostic pour voir comment progresser”. En allaitant, “agir sur la productivité numérique, les intervalles vêlage-vêlage (IVV), le coût alimentaire,… En résumé, c’est la technicité qui peut faire le revenu ! Sachant que les autres sources d’écarts peuvent aussi être la conséquence du niveau d’investissement, l’évolution des charges”. Une fois que l’on a conforté l’existant et seulement alors, “si l’on veut gagner plus, il faut chercher les pistes pour produire plus. Des volumes supplémentaires pensés en termes d’investissement et de charge, de main d’œuvre aussi, sachant que chaque cas est particulier”. En résumé pour David Lamat, “choix stratégiques de l’éleveur et technicité per- mettront de savoir comment améliorer le revenu”.

(1) Qui sera suivie au printemps d’une nouvelle réunion sur le thème de l’impact de la réforme de la Pac sur les exploitations.

 

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Commentaires 1

lachevrevache

Et si en montagne on investissait dans des installations de sèchage en grange pour le foin, plutôt que de se mettre à faire du maÏs fourrage à ensiler, sachant que c'est beaucoup plus cher à produire, et que ça expose dangereusement les sols plus ou moins en pente à l'érosion, et une perte de fertilité au fil des ans, alors que les prairies permanentes ça ne coûte rien, que la récolte?

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