Aménagement du territoire : Diagnostiquer pour concilier activité agricole et développement communal

Thierry Guillemot

Aménagement  du territoire : Diagnostiquer pour concilier activité agricole et développement communal

Poser un diagnostic agricole avant d'établir un document d'urbanisme, c'est éviter de mettre la charrue avant les boeufs. Petit détour du côté de Villiers-Fossard, près de Saint-Lô (50). Une commune rurale de 536 habitants. Pas d'agriculteurs dans le conseil municipal mais un maire droit dans ses bottes côté aménagement du territoire.

« Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus d'agriculteurs au conseil municipal qu'on les néglige”. Guillame Rauline, jeune maire de Villiers-Fossard et premier mandat, ne fait pas campagne mais il la respecte. Non pas à des fins électorales, la commune ne comptabilise que 6 sièges d'exploitations pour un total de 536 habitants, mais bien plus parce qu'il connaît les contraintes et les difficultés de l'agriculture d'aujourd'hui.

Diagnostiquer avant d'urbaniser

C'est pourquoi, quand le conseil municipal a lancé la réflexion sur son document d'urbanisme communal (la carte communale), il a d'abord adopté le principe du diagnostic agricole.Et c'est vers la Chambre d'Agriculture de la Manche que la commune s'est tournée. Perrine Buchart (conseillère aménagement du territoire), après avoir présenté la procédure aux élus, a mené l'enquête sur le terrain. Plus de deux mois d'échanges nourris à partir de réunions avec les agriculteurs mais aussi de porte à porte pour des entretiens individuels. “Les agriculteurs ont bien joué le jeu”, explique-t-elle. Normal pour une démarche qui se veut préventive et donc constructive. Son aboutissement, c'est une photographie agricole de la commune à l'instant T. Un document où sont cartographiés les sièges d'exploitations, leurs structures parcellaires, les plans d'épandage... Les projets d'installation ou de nouvelles constructions de bâtiments agricoles sont également répertoriés. “Le but est aussi de mettre en avant les projets des agriculteurs”, insiste Perrine Buchart.
C'est aussi l'occasion de mettre des chiffres sur des idées”, rebondit Monsieur le maire. Et de chiffres, quelques uns sont significatifs. Si à peine 1 % de la population exerce le métier d'agriculteur, 97% du foncier non bâti communal est valorisé par l'agriculture. Si Villiers-Fossard n'héberge que 6 sièges d'exploitations, 35 agriculteurs sont concernés par le diagnostic... Autant de “si” qui deviennent des certitudes et qui vont servir d'outil d'aide à la décision en réponse à toute question inhérente à l'aménagement du territoire.

Des chiffres sur des idées

Autre information surlignée par le diagnostic : la cartographie établie met en exergue le mitage du territoire. Attention du côté de la pérennité des plans d'épandage face à toute construction de nouvelles habitations. Le premier magistrat en a conscience. Il a aussi conscience de l'attente de ses concitoyens non agriculteurs. “Concilier l'activité agricole et le développement communal”, résume-t-il. Tout un programme que le travail mené par la Chambre d'Agriculture va légitimer. “Dommage que la démarche ne soit pas intercommunale. On aurait une vision beaucoup plus globale de l'agriculture locale”, regrette Perrine Buchart.
En attendant, au conseil municipal de prendre connaissance des conclusions et de faire ses choix.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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