Anciens exploitants : Les bon choix pour une retraite somme toute heureuse

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Gisèle et Pierre-Marie ne se plaignent pas de leur retraite qu'ils occupent au mieux. Ils ne regrettent pas non plus leurs choix de gestion, du temps de leur activité et surtout pas d'être passés au réel, d'avoir été salariés et chefs d'exploitation. Rencontre.

A 67 et 65 ans, l'un s'amuse « comme un fou » avec ses copains sur les courts de tennis tandis que sa femme s'adonne à des séance de gym « pas la douce», et à la marche « pas celle en troupeau de forcenés, mais plutôt celle entre copines où on a le nez en l'air et où on bavarde… » Dans leur pavillon de la rue des cerisiers et dans leur quartier, au Poiré-sur-Vie, Pierre-Marie et Gisèle Barreteau se sont très bien adaptés à leur vie de retraités.
Pas de chien ni de chat à la maison. « C'est pas qu'on n'aime pas les bêtes mais vous savez quand on a eu des vaches toute sa vie on est content de tirer un trait à la retraite et de ne plus avoir de contraintes avec des animaux ». Pourtant, des animaux ils n'en ont pas eu toute leur vie… Pas tout à fait, puisqu'à la faveur de l'une des crises de la viande bovine et des 27 années de cotisation de Pierre-Marie, il y a une dizaine d'années, ils ont vendu le cheptel pour ne garder que la production de céréales sur leurs 70 hectares de terre. Ils ont donc fini leur carrière d'agriculteurs comme céréaliers. Plus précisément, c'est madame qui était devenue céréalière… Ce qui mérite une explication.

Double cotisation pour rien de plus

Une fois sans troupeau et pour compléter son emploi du temps et son revenu, Pierre-Marie avait trouvé un emploi de chauffeur de camion benne. Gisèle, de son côté poursuivait sa carrière de conjointe d'exploitant… Jusqu'à l'une de leurs visites dans un bureau du boulevard Réaumur à La Roche où un conseiller de la MSA leur a fait remarquer qu'ils n'optimisaient pas ainsi leurs cotisations retraite. En effet, en cotisant à la fois en tant que chef d'entreprise agricole et en tant que salarié d'entreprise de transport, Pierre-Marie n'était pas en train de doubler ses futurs droits. En revanche, Gisèle qui se maintenait dans son statut de conjointe se privait du statut plus gratifiant de chef d'exploitation avec la cotisation de base.
C'est ainsi que l'exploitation est passée dans le nom de Gisèle pour les quatre dernières années. Détail grâce auquel elle peut prétendre aujourd'hui à 549 euros de rente mensuelle. Mais ces quatre année n'en sont pas la seule cause et il faut remonter loin pour en trouver l'explication. Ce que les services retraite savent très bien faire lorsque tout a bien été enregistré. Et c'est le cas de Gisèle qui reconnaît à ses parents le mérite d'avoir cotisé pour elle alors qu'elle était en Maison familiale. Ensuite, elle avait été employée de maison pendant un an avant de se marier et disparaître du monde des cotisants pendant six ans tandis que Pierre-Marie était aide familial au côté de ses parents dans l'exploitation de la Cotrelière. Ses deux enfants entrent aussi en ligne de compte pour l'équivalent de cinq années de cotisation.

De bons choix

Une fois à son compte, Pierre-Marie avait lui aussi fait de bons choix, par exemple celui de laisser tomber la cotisation au forfait pour passer au réel. Bien sûr avec une dépense de cotisation nettement plus lourde…
A l'heure de la cessation d'activité la Cotrelière – remembrée et drainée – mais sans successeur, a été répartie sur trois acquéreurs dont l'un a acquis aussi tous les bâtiments. Ils auraient pu rester propriétaires et louer leurs terres pour en tirer en revenu mais commente Gisèle « On en avait raz la casquette alors on a préféré passer à autre chose et en finir avec la ferme». D'autant que le placement de leur capital – 7,5 à 8% - en ces années là leur donnait amplement raison.
Ils n'ont pas insisté pour que l'un de leurs enfants leur succèdent car, ainsi que le confie Gisèle, « j'avais été frustrée de n'avoir pas été écoutée et ne pas pouvoir faire des études. Pourtant je serais allée loin et sur les genoux s'il l'avait fallu. Mais c'était comme ça… » Raison pour laquelle elle a plutôt « boosté » ses enfants vers le grand large, au risque de « passer pour une dépensière ».

Passer pour une dépensière

Pierre-Marie quant à lui, et comme beaucoup d'hommes de sa génération, a beaucoup travaillé et a sans doute le sentiment d'une vie professionnelle plus accomplie. « Il était au syndicat, à la vulgarisation et il était administrateur à la Cavac », indique sa femme. «Ca lui a beaucoup apporté comme ouverture d'esprit mais il se levait à quatre heures du matin s'il le fallait pour partir en réunion et je dois dire que je n'ai jamais eu à faire son travail. Il le faisait avant ».
Aujourd'hui, ils ne roulent pas sur l'or mais ne se plaignent pas non plus car ils en connaissent beaucoup d'autres qui ont eux aussi élevé leurs enfants et qui doivent vivre avec bien moins. Au fond ils ne regrettent pas leurs choix.

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