AOC : Le point sur les négociations entre producteurs et entreprises

R. S.-A.

La FDSEA et les JA ont réaffirmé leurs positions au préfet du Cantal, nommé médiateur pour l'ensemble des AOC.

La section laitière de la FDSEA a tenu un conseil d'administration lundi à la Chambre d'agriculture. Le dossier de l'AOC a occupé la totalité des débats. La présidente, Chantal Cor, a fait le point sur les négociations. Elle a rappelé en préambule que, faute d'accord interprofessionnel, l'Inao a reporté la date limite d'identification au 1er février, comme les entreprises de transformation le réclamaient.

Report au 1er février

“Les producteurs ne cautionnent pas ce report”, réaffirme Chantal Cor au nom de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, avant de détailler les demandes, issues d'un accord entre tous les producteurs d'Auvergne (principalement du Cantal et du Puy-de-Dôme). À commencer par la prime - à terme - de 70 euros par 1 000 litres, portant sur chaque litre de lait engagé dans chacune des AOC d'Auvergne, affecté au pourcentage de lait transformé. Il s'agit de parvenir à un accord interprofessionnel qui comprenne un traitement équitable entre tous les producteurs engagés dans les AOC, avec une vision pluriannuelle leur permettant de faire sereinement leur choix. Un schéma durable qui autorise l'investissement. Il est rappelé en outre qu'il est aussi prévu un plan de promotion à la hauteur de la plus-value attendue en retour. En AOC cantal, plusieurs millions d'euros sont prêts à être investis dans une campagne de publicité du niveau de celles réalisées pour les AOC roquefort ou comté. Parallèlement, les entreprises avaient demandé aux producteurs laitiers une prime unique pour chaque AOC et que tous les producteurs puissent avoir accès à la même prime s'ils s'engagent dans l'AOC. “Notre proposition répond à leurs exigences. Cependant, les entreprises n'ont encore jamais réussi à se mettre d'accord pour faire une véritable proposition ou réponse commune aux producteurs”, constate la section laitière. Le plus gros transformateur d'AOC (le groupe 3A) propose quant à lui 30 euros par 1 000 litres, sur deux tiers du lait ; de négocier tous les ans cette valeur ; de ne rien donner sur le bleu d'Auvergne et cela, avec obligation de signer pour toutes les AOC…

 

Premières consultations

À la suite du blocage des positions de chacune des parties sur le prix du lait des AOC d'Auvergne, les pouvoirs publics ont nommé un médiateur : le préfet du Cantal. Il a d'ores et déjà réuni les représentants des producteurs de toute la région. “Ceux-ci ont naturellement rappelé unanimement leurs demandes et leur ambition de faire des AOC fromagères d'Auvergne un vrai projet de développement pour le territoire”, explique Chantal Cor. En vue d'un accord, le préfet Paul Mourier continue de rencontrer les autres acteurs des filières, avant de mettre rapidement en place un groupe de travail composé de producteurs et de représentants des entreprises, en liaison avec les ministères concernés. “D'ici là, nous ne laisserons tomber personne. Nous nous battrons pour qu'il y ait toujours une équité entre les producteurs”, souligne la FDSEA. “Nous ne laisserons pas tomber le bleu d'Auvergne. Nous sommes plus que jamais convaincus qu'il est temps de construire des filières AOC valorisantes pour l'ensemble des acteurs. Le fait que les producteurs bloquent l'envoi des fiches d'identification est l'occasion historique pour eux de trouver le poids qu'ils auraient toujours dû avoir dans ces filières. En conséquence, nous continuons à appeler à ne pas signer la fiche du bleu, tant qu'aucun accord n'est trouvé”. La section laitière a mesuré pour le cantal une plus-value pour les producteurs de lait estimée à 17 millions d'euros annuels. Mais en contre-partie, s'engager dans une AOC, c'est être responsable, accepter d'entrer dans une démarche de qualité soumise à des contrôles qui démarreront dès février. Dans un communiqué de presse, diffusé à l'issue de sa dernière réunion, la section laitière de la FDSEA rappelait une fois encore que les pouvoirs publics “sous la pression des entreprises”, conduisent une médiation qui doit “aider à construire un schéma interprofessionnel à longue échéance pour que chacun trouve une plus-value durable”.

Source union du cantal

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