Apiculture : Le boom des jachères apicoles

Victor Bellaud

Avec des surfaces multipliées par 4 cette année, l'expansion des jachères apicoles montre une réelle préoccupation des agriculteurs pour le maintien de la biodiversité.

Les jachères apicoles ne connaissent pas la crise. En France cette année, ce sont plus de 2 500 ha de terres qui ont été transformées en garde-manger pour abeilles. Dans l'Ouest du pays, la coopérative Terrena Poitou, associée au Réseau Biodiversité pour les Abeilles a mis en place près de 1 000 ha de jachères apicoles.
Nées en 1992 sous l'impulsion d'un agriculteur champenois, ces terres associent différentes cultures (sainfoin, mélilot, phacélie…) qui offrent aux abeilles le pollen nécessaire à leurs défenses immunitaires. « Ainsi, elles peuvent lutter contre les parasites Varroa et Nosema ceranae, qui déciment des ruches entières », résume Pierre Testu, ingénieur au Réseau Biodiversité pour les Abeilles. « Elles permettent de réduire la mortalité des cheptels apicoles, mais aussi de produire un miel abondant et de qualité ». Installé à Marçay depuis 1976, Gérard Vidal a transformé toutes ses jachères en jachères apicoles, et s'en veut de ne pas y avoir pensé plus tôt. Dominique Birault, chargé de communication chez Terrena Poitou, évoque une « véritable prise de conscience des agriculteurs par rapport au maintien de la biodiversité ». « Il n'y a pas que l'argent dans la vie ! », clame Gérard Vidal.
Selon Pierre Testu, « on a trop cherché à opposer agriculteurs et apiculteurs, alors que leurs intérêts convergent. Pour l'agriculteur, le développement des jachères apicoles permet une meilleure pollinisation des cultures. Sur le colza, cela peut améliorer les rendements d'environ 10 % ». Gérard Vidal, chasseur à ses heures perdues, met en avant le fait que ces jachères attirent également la faune sauvage : « une colonie de chevreuils s'est même installée dans un de mes champs », s'amuse l'agriculteur de Marçay. Ce dernier n'hésite d'ailleurs pas à rappeler la nécessité de « redécouvrir et de réapprendre ces interactions entre espèces », pour entrer véritablement dans l'ère de l'agriculture écologiquement intensive.

Source La Vienne Rurale

Publié par Victor Bellaud

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