APLMC : “Contrats Lactalis, non à l’intégration !”

Propos recueillis par Sophie Giraud

Pour le président de l’association des producteurs de lait du Massif central, l’État doit obliger Lactalis à entrer dans le processus de discussion collective.

APLMC : “Contrats Lactalis, non à l’intégration !”

Les producteurs de lait sont depuis plusieurs mois en ordre de marche pour mettre en œuvre la contractualisation. Quel est le schéma d’organisation retenu pour le Massif central ?

Michel Lacoste : “Nous avons créé l’association des producteurs de lait du Massif central (APLMC) afin d’accompagner les producteurs dans la négociation avec leurs entreprises. L’association regroupe, sur l’ensemble du bassin de production Auvergne-Limousin, les associations locales de producteurs qui se sont structurées autour de chaque entreprise et le syndicalisme FNSEA-JA.”

L’APLMC n’aura donc pas vocation à aller négocier avec les entreprises ?

M. L. : “Les groupes de négociations sont constitués au niveau de l’APLMC. Ils comptent parmi leurs membres des producteurs livrant à chacune des entreprises avec lesquelles vont s’ouvrir les discussions.”

Quel travail a d’ores et déjà été mené ?

M. L. : “Depuis le printemps, nous avons analysé les contrats fournis par les entreprises, et constaté que certains d’entre eux étaient déséquilibrés et fortement non sécurisants pour les producteurs de lait. Avec les groupements de producteurs, nous avons donc établi une contre-proposition, beaucoup plus équilibrée. Aujourd’hui, les discussions sur les contrats sont en cours, dans toutes les entreprises.”

Comment se déroulent les négociations ?

M. L. : “Dans la mesure où des entreprises nationales comme Lactalis ou Bongrain, sont très présentes sur la région, des producteurs de chez nous participent au groupe de négociation, accompagné par un juriste de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Il s’agit de Claude Bonnet pour le groupe Lactalis et de Frédéric Pélisse pour Bongrain. Les premières discussions de ces dernières semaines ont conduit à certaines avancées, mais des points de blocage demeurent, en particulier avec Lactalis.”

Un contrat cadre

Est-ce le principe de contrat collectif qui dérange Lactalis ?

M. L. : “La contractualisation ne doit pas se traduire, au départ, par un empilement de contrats individuels. Le risque est que derrière un contrat conclu sur une base collective, se glissent des avenants gérés de manière individuelle, qui donnent des latitudes exagérées aux entreprises. Par exemple, que l’entreprise se permette d’ajuster le contrat de départ, en argumentant que le producteur est trop loin de l’entreprise, que sa production est trop faible, ou qu’il est trop revendicatif… Nous défendons le principe d’un contrat cadre entre les entreprises et le collectif des producteurs, et qu’à l’avenir toutes les modifications se négocient dans ce cadre.  Lactalis est hostile à ce mécanisme. La position du premier groupe laitier français va forcément marquer les esprits sur le terrain. C’est pourquoi nous souhaitons ramener le groupe à la raison.”

De quelle manière ?

M. L. : “Lactalis va envoyer à ses producteurs un nouveau contrat. Nous les invitons vivement à ne pas le signer. Ces contrats sont encore déséquilibrés et la vraie échéance, ne l’oublions pas, c’est la fin des quotas. L’État doit s’impliquer dans les discussions pour que Lactalis reconnaisse les groupements de producteurs et valide le principe de l’accord cadre. Les pouvoirs publics ont ici un rôle de pression et de médiation essentiel.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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