Après les rendez-vous de la rentrée, la gueule de bois agricole persiste

Après les rendez-vous de la rentrée, la gueule de bois agricole persiste

Passés les rendez-vous phare de la rentrée, Place de la Nation et Bruxelles, les agriculteurs et surtout les éleveurs sont repartis avec la gueule de bois. Les réponses ne sont pas à la hauteur de leur détresse et l'hiver s'annonce rude.

En Vendée, le vice-président de la FNSEA Joël Limouzin en convient: les décisions du 3 et du 7 septembre ont déçu, et "si les politiques ne prennent pas les choses en main ça va être catastrophique. La déception est massive, les gens sont au bout du rouleau".   L'Europe surtout a échaudé les plus confiants. Quand il a fallu quitter Paris le 3 septembre, rentrer les plus de 1.500 tracteurs mobilisés à la Nation, parfois en larmes et en rage, la plupart ont espéré que Bruxelles leur apporterait son secours, mais les 500 millions d'euros lâchés par la Commission sont loin du compte après un été de crise qui a vu l'effondrement continu des cours de la viande, du lait, du porc...   Les producteurs, et pas seulement les Français, ont été "dépités du peu de réaction de la Commission", reprend Joël Limouzin, les aides "représentent 44 euros par agriculteur: on a sauvé la Grèce, si les agriculteurs valent moins, il faut nous le dire"...   Les ministres de l'Agriculture du Portugal, d'Espagne, de France et d'Italie espéraient des mesures d'intervention pour soutenir le prix du lait, qui coule face à la baisse de la demande chinoise et à la surproduction d'après-quotas en Europe dans un marché engorgé par l'embargo russe...   Le principal syndicat européen d'agriculteurs, le Copa-Cogeca, a jugé la Commission "loin du compte" et Xavier Beulin, son vice-président et patron de la FNSEA, a évoqué "une forme de mépris".   D'autant que le commissaire à l'Agriculture Phil Hogan, souffrant, s'était fait remplacer. "La colère, aucune raison qu'elle s'arrête vraiment", juge André Bonnard vice-président de la Fédération des producteurs de lait (FNPL, branche lait de la FNSEA). "Pour 2015, on a un revenu divisé par deux soit un revenu moyen de 15.000 euros par exploitation, ce qui fait 12.000 pour l'éleveur et sa famille..."    Il considère pourtant, comme la plupart des responsables de la FNSEA que le gouvernement a mesuré la détresse dans les campagnes: "Objectivement, on a dans les mesures nationales des éléments qui doivent nous permettre de passer le cap", estime-t-il, citant les allègements de charges et la fameuse "année blanche" qui gèle les remboursements d'emprunts.

Au bout du rouleau

"Elles montrent qu'on a été compris. Mais pour tous ceux qui sont en train d'agoniser le vrai problème reste celui des prix".   Ce sujet était du seul ressort de l'Europe et "il y avait peut-être de mauvaises attentes à la Nation", avance-t-il, au souvenir des huées et noms d'oiseau qui ont cueilli Xavier Beulin à sa sortie de Matignon, où Manuel Valls venait d'exposer son plan d'urgence. Vendu, traitre... entre chagrin et colère des jeunes surtout ont hurlé leur frustration. Pour certains, leurs représentants le reconnaissent, la situation est sans issue. "Il y aura de la casse encore", admet Paul Auffray, président de la fédération des éleveurs porcins, autre branche de la FNSEA. Des dépôts de bilan, des faillites, pire peut-être pour les plus désespérés... Dans son secteur, 10 à 15% des exploitations sont au bout du rouleau, rappelle-t-il. "Les mois d'hiver vont être terribles, certains éleveurs n'ont plus la force de combattre".   Pourtant lui aussi défend les annonces du gouvernement. "Même si on n'a rien réglé sur le fond, les mesures d'urgence ne feront pas tout, on ne peut pas mentir".   Une image hante le monde agricole: la disparition du textile, puis des charbonnages et de la sidérurgie: et si c'était son tour? "Il faut quand même se poser des question", lâche Paul Auffray.   "On peut noircir le tableau, mais c'est la première fois que toutes les filières sont en crise, ça n'aide pas à résoudre l'équation", nuance Florent Dornier, vice-président des Jeunes Agriculteurs.   Le jeune éleveur du Doubs a reçu lui aussi de la base "des sms, des emails, qui ne font pas plaisir". "Mais si c'était facile on aurait trouvé la solution. On a les citoyens avec nous, les politiques sont mobilisés, on va y arriver".   Les JA, qui tiennent leur congrès annuel Les Terres de Jim ce week-end en Moselle, "vont proposer une stratégie pour la suite. On ne peut pas en rester là".

Source AFP

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Commentaires 6

Mehdi

test a ne pas valider

Roger49

Pourquoi il ne parle pas de régulation européenne c était la revendication principale demandé à Bruxelles pour produire en fonction de l offre et la demande ce qui ce passe dans tout les autres métiers

Responsables ??

Le Space est effectivement, dans la liste des responsables des difficultés économiques agricoles actuelles. En effet, à force d'investir toujours ++, voila que les producteurs se trouvent en situation délicate.
Certains petits en production laitiére s'en sortent BIEN !!!

CLOCHE215

ohlala que tout est bien orchestré . qu'est-ce qui a cautionné la suppression des quotas laitiers??? tout homme peu intelligent est en mesure de prévoir la situation catastrophique actuelle. ne serions-nous pas en 1788??

BOUILLON

Bonjour
L'Europe n'en a rien à faire des gens en générale car elle est soumise aux Etats-Unis et à ses marchés financiers qui ont contaminés tous les marchés agricoles .Les Etats-Unis ont une politique d'ingérence et de prédation ,ils sont partout ,veulent gérer tout les problèmes et ceux qui s'y opposent :on leur met un embargo ou alors on dit de leur pays que c'est une tyrannie qui massacre son peuple et à partir de ce moment on déclenche une guerre dont on connaît l'issue et l'Europe continue à mettre ses normes environnementalistes inutiles aux fermes familiales qui croulent sous les charges nationales de 2015 avec des prix de vente de 1965 et après ces messieurs vous expliquent qu'il faut être compétitifs :ok dans ce cas il faut tout mettre aux cours mondial y compris les salaires des commissaires et des politiques qui nous ruinent depuis des décennies.

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