Assemblée générale d'ADEL 12 : Rapprochement avec la Lozère et le Tarn

Didier BOUVILLE

Assemblée générale d'ADEL 12 : Rapprochement avec la Lozère et le Tarn

L'Association Départementale des Eleveurs de l'Aveyron (ADEL 12) qui s'est réunie en assemblée générale vendredi 3 juillet à Rodez, regarde l'avenir avec confiance, malgré l'inquiétude légitime des adhérents face à la crise. Des éleveurs de la Lozère et du Tarn vont rejoindre la structure aveyronnaise qui devrait changer de nom en 2010.

L'association créée il y a exactement vingt ans, agréée comme Organisation de Producteurs Non Commerciale (OPNC) depuis décembre 2002, a été sollicitée par des éleveurs et acheteurs de la Lozère, «qui veulent être avec nous» selon Jean-Paul Boyer, président du collège acheteurs, qui a coprésidé l'assemblée générale avec Nadine Vernhes, présidente du collège ovins, en l'absence du président d'ADEL 12, Jean-Luc Rouquette. Le ministère de l'Agriculture a déjà donné son accord sur ce rapprochement avec la Lozère le 4 décembre dernier. Avec le Tarn, il est aussi question de «fusion» en janvier 2010, annonce encore M. Boyer. ADEL 12 devra alors changer de nom et de logo au profit d'une autre appellation nationale «ELVEA». Tout cela devra d'abord être validé lors d'une assemblée générale extraordinaire.
Mme Vernhes est revenue sur une année 2008 encore difficile pour les éleveurs ovins-viande, dont la section d'ADEL 12 rassemble aujourd'hui 64 adhérents détenant en moyenne 222 brebis déclarées à la PBC. «Les 18 euros par brebis permettront d'enrayer le déclin s'ils sont accompagnés d'une embellie sur les prix» lâche Mme Ver-nhes. «Mais nous devons aussi gagner en productivité et sur les charges de production». Les éleveurs ovins-viande ne se sont pas encore tout à fait remis de la fin des CTE et de la suppression du soutien aux agnelles, mais ils veulent encore y croire avec le rééquilibrage des aides PAC. «Il doit nous permettre de penser à la reconquête ovine, avec une meilleure organisation commerciale et un partage des marges qui doivent nous préparer à l'après 2013» souhaite Dominique Cammas, président de la section ovins-viande de la FDSEA. Il a loué la mobilisation syndicale des éleveurs et indiqué par ailleurs qu'ils pourront remplacer les brebis de réforme par des agnelles de renouvellement dès 2010.

Appui technique

Ils sont 51 éleveurs d'agneaux sous la mère à faire appel à l'appui technique
d'ADEL 12, avec pour beaucoup d'entre eux, le choix d'un module «marge brute» qui confirme leur ambition de gagner sur les charges de production, vu les coûts d'alimentation qui plombent encore la campagne 2007-2008. Le directeur Didier Roussel a rappelé qu'il convenait d'être vigilant vis-à-vis des résultats techniques, notamment le rythme d'agnelage et la productivité numérique. Les éleveurs ovins d'ADEL 12 sont ceux qui dégagent le plus de marge brute sur l'ensemble du bassin de production Aveyron et Tarn et Garonne. Si l'engagement dans les démarches qualité est un point fort de l'OPNC, la structure insiste aussi sur «le caractère prioritaire de l'appui technique aux adhérents». 80 % des éleveurs ovins viande adhèrent à ce suivi. Cela n'est donc pas étranger à ces bons résultats relatifs aux marges brutes. En bovins viande, ils sont 133, sur les 552 éleveurs de la section, à bénéficier de l'appui technique réalisé par convention avec le service bovins-viande de la Chambre d'agriculture, soit un éleveur sur quatre, note encore Didier Roussel.

Veaux d'Aveyron

La section bovins-viande est fortement représentée par des éleveurs de Veaux d'Aveyron et du Ségala label rouge avec 326 adhérents. ADEL 12 est en effet intégrée dans les démarches qualité avec l'IRVA. L'interprofession régionale du Veau d'Aveyron a accueilli en 2008, 8 000 animaux issus d'éleveurs d'ADEL 12 qui ont trouvé un débouché sur le marché label rouge. La filière SA4R-Bigard-Auchan représente toujours le principal débouché, avec une nouvelle filière SARL Sudries-SVA-Intermarché lancée il y a deux ans, «qui monte en puissance». M. Boyer est intervenu sur la conjoncture actuelle, confirmant la baisse des exportations en mai et juin. «Nous avons plus d'offres que d'habitude et moins de débit que d'habitude, la crise est là...». La crise de la FCO qui secoue la filière depuis un an, a pesé sur les mouvements d'animaux. «L'embellie constatée au printemps dernier a hélas été relayée par la crise financière qui impacte sur la consommation, en France comme en Europe» regrette M. Boyer. «L'Espagne, la Grèce et maintenant l'Italie ont des difficultés à acheter et aussi à encaisser... Mais ici en Aveyron, on se bat» a-t-il lancé avec espoir. Les éleveurs en démarche qualité ont conscience des difficultés actuelles, mais le président de l'IRVA, Patrick Mouysset, a lui aussi insisté sur la nécessité de «rester sur des prix élevés». Un créneau dans lequel les élevages aveyronnais conservent toujours une belle carte à jouer.

Source La Volonté Paysanne

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