Assemblée générale Unicor : Consolider pour développer

Eva DZ

Après les assemblées générales de sections et d'organisations de producteurs, la coopérative Unicor a récemment réuni tous ses partenaires et acteurs pour faire le point sur son activité et ses projets.

Plutôt que de subir la crise, Unicor a choisi de réagir. Car le contexte général et économique est difficile, le président Bernard Cazals cite ainsi la volatilité des prix subie depuis 2007 à la fois sur les céréales, les produits agricoles, les protéines, le pétrole et l'énergie. «Dans un pays d'élevage comme le nôtre avec des revenus faits des produits de nos animaux, notre revenu a souffert notamment au deuxième semestre 2010», ajoute-t-il. Mais Unicor a réussi à s'adapter comme l'explique Yves Bioulac, directeur général. «L'activité des intrants s'est maintenue suite à une année 2009 calamiteuse. Les agriculteurs, conscients des chutes de rendements, ont racheté des intrants même si nous ne sommes pas revenus aux années les plus actives», estime-t-il.

Des rapprochements

Par contre le secteur de l'investissement reste sinistré du fait du manque de visibilité. Pour preuve la baisse du nombre d'immatriculations. En 2010, 430 tracteurs ont été immatriculés contre 753 en 2003 ! Unicor a donc choisi de réorganiser sa branche machinisme Cadauma Machines agricoles, en se rapprochant de Socoma Service - anciennement Ets Boudes (vente et location de matériels télescopiques et de levage) puis des sociétés Manhaval-Fabre (vente et SAV de matériel d'élevage) et de Rodima (vente de produits de bricolage, de jardinage et de matériel agricole). «Notre objectif est de maintenir une couverture sur le territoire pour proposer des services au plus près des agriculteurs avec de la main d'oeuvre de qualité, un parc de matériel important, une disponibilité», argumente Bernard Cazals. «C'est à partir de cette stratégie de réorganisation que nous engagerons une dynamique de développement», complète Yves Bioulac.
Côté productions, les résultats sont partagés. En bovins, la collecte est stable autour de 52 000 têtes mais la crise en Italie rend difficile le marché de l'exportation et la diminution des cours est préjudiciable au revenu des éleveurs. L'OP ovins, elle, progresse depuis 18 mois avec une collecte confortée dans le rayon de roquefort via Agno Interpro, et les conséquences du rééquilibrage des aides. Des productions se portent très bien comme les palmipèdes dont la collecte avoisine les 220 000 têtes. Cette progression a été favorisée grâce un appui de la part de la coopérative à la mise en place d'ateliers de gavage et d'élevage de prêts à gaver. D'ailleurs Unicor est prête à accompagner les porteurs de projet et propose même une nouvelle production, l'élevage de poules pondeuses dans une filière déjà bien ancrée, Cocorette.

Moteur de développement

La coopérative des Vignerons du Vallon, section viticole d'Unicor, elle aussi, manque de volumes. Les ventes de vins (557 352 équivalents bouteilles) continuent de progresser. Pour mieux répondre à la demande, les Vignerons du Vallon et Unicor travaillent à un projet d'extension des surfaces en vigne. Des étudiants de Purpan recensent les projets d'installation et de parcelles mises en production dans la zone d'appellation AOC Marcillac. «Nous sommes prêts à accompagner les porteurs de projet autour d'un objectif de 15 à 20 ha supplémentaires», avance Bernard Cazals.
Les 45 jardineries du groupe Unicor sont un marché «à maturité», selon les responsables. «Nos magasins sont notre étendard. Nous souhaitons maintenir ce maillage sur l'ensemble du territoire et surtout la proximité avec nos adhérents, les agriculteurs et le grand public en général», expliquent-ils. Les Halles de l'Aveyron poursuivent, quant à elles, leur développement avec une fréquentation et un panier moyen en progression chaque mois et un chiffre d'affaires pour 2010 de 2,8 millions d'euros. «Nous sommes en recherche très active d'un site pour développer ce concept à Toulouse», a avancé Yves Bioulac.
Grâce à la réactivité de toutes les équipes, Unicor a su faire face aux difficultés et lui permet d'envisager «avec plus de sérénité» l'avenir, autour d'un plan stratégique construit par le conseil d'administration. Bernard Cazals en a présenté les grandes lignes : optimisation de chaque activité en priorisant la création de valeur ajoutée sur les productions animales pour améliorer le revenu des adhérents, approche globale au service des adhérents centrée sur leur revenu, participer au développement du territoire et consolider l'organisation en filière. La recherche de partenariats, le développement des démarches qualité, l'intégration d'une logique de développement durable dans la stratégie du groupe,... telles sont les pistes de travail pour les trois prochaines années.

Source La Volonté Paysanne

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