Associés : préserver une bonne entente

Catherine Fitamant, Responsable Conseil

Formaliser les règles entre associés et échanger est essentiel pour poursuivre des objectifs communs de réussite. © Orlando Florin Rosu – Fotolia.com.

Les exploitations évoluent avec de plus en plus de structures sociétaires. Maiscomment bien vivre entre associés pour sécuriser l’entreprise ? Catherine Fitamant,responsable Conseil CERFRANCE, nous éclaire.

Quelles sont les conséquences de l’agrandissement des exploitations ?
Catherine Fitamant : « le nombre d’exploitations diminue, mais leur taille progresse. Ce phénomène est observé depuis quelques années en porc, en légumes et plus récemment en lait. Soit le dirigeant a recours à de la main-d’œuvre salariée, soit il s’associe. De ce fait, des problématiques liées à la gestion des ressources humaines apparaissent. »

Quels sont les points de vigilance en matière de gestion des ressources humaines ?
« Le dirigeant pensera plus spontanément à formaliser le fonctionnement d’entreprise avec des salariés… beaucoup plus rarement avec des associés ! Pourtant, c’est tout aussi fondamental et ce d’autant que l’association a lieu dans le cercle familial. Car, si les relations dégénèrent, les conséquences peuvent être importantes sur les plans financier et humain. Une des clés de réussite réside dans l’anticipation. Il faut préparer l’association. Et, pour ceux qui sont déjà associés, il est toujours temps de faire le point sur le fonctionnement de l’entreprise. »

Comment procéder ?
« Les associés ou futurs associés doivent se poser pour réfléchir ensemble et échanger sur les points essentiels de la vie de l’exploitation. Il est primordial de définir les priorités de chacun, de convenir d’un objectif commun pour l’entreprise et d’écrire les règles de fonctionnement. En fait, il s’agit de mettre en place le règlement intérieur entre associés. »

En quoi ce règlement consiste-t-il ?
« Le règlement intérieur est un accord écrit entre les associés. Il est important de le revoir régulièrement en fonction des évolutions sur l’exploitation. Les situations des uns et des autres peuvent changer, et donc les objectifs aussi. Par exemple, la disponibilité et les priorités d’un jeune célibataire seront différentes de celles d’un associé en couple avec de jeunes enfants qui souhaite accorder du temps à sa famille. »

Que trouve t-on dans le règlement intérieur ?
« Il liste la répartition des responsabilités de chacun, les horaires de travail, les congés et les tours de garde. Les prises de décision également. A partir de quel montant d’investissement la décision doit elle être prise en commun ? Comment prendre en compte le temps passé en cas d’engagements extérieurs dans une collectivité territoriale, une banque, un groupement, une coopérative…

Il est important de se ménager, entre associés, des temps formels d’échange. Le règlement intérieur peut préciser la fréquence des réunions, définir un lieu autre que la salle de traite, le hangar ou la maison des parents pour pouvoir dialoguer au calme. L’aménagement d’un bureau peut être envisagé.
Le règlement intérieur prévoit également les rémunérations, les remboursements de frais (utilisation du véhicule personnel pour un achat professionnel par exemple), la prise en compte de la présence sur l’exploitation d’un parent en retraite, le maintien ou non de la rémunération en cas d’arrêt maladie et bien d’autres points auxquels on ne pense pas forcément et qui, pourtant, permettraient de préserver durablement de bonnes relations. »

Préparer l’association est donc selon vous une nécessité ?
« Oui. S’associer, c’est comme un mariage. Mieux vaut bien réfléchir avant de s’engager. Par exemple, si deux futurs associés ont pour projet de reprendre une exploitation ensemble et que des points de divergence apparaissent lors de la préparation du règlement intérieur sans pouvoir trouver d’accord, ils peuvent décider de ne pas aller plus loin. Sans cette réflexion préalable, le projet aurait probablement vu le jour. Mais ces points de divergence auraient resurgi à un moment ou à un autre avec un risque de tension, voire de conflit par la suite. »

L’aspect relationnel est donc essentiel ?
« Le règlement intérieur est souvent rédigé au moment de la création de la société sous l’angle réglementaire et juridique. On oublie parfois d’aborder les aspects relationnels.Or, bien travaillé, bien réfléchi et revu régulièrement avec tous les associés, le règlement intérieur permet de préserver de bonnes relations au sein de l’exploitation. »

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