Au SIA : Bruno Le Maire tente de faire oublier l'absence de Nicolas Sarkozy

Hervé Garnier

Le ministre de l'Agriculture a inauguré samedi dernier le Salon international de l'agriculture avec le Commissaire européen de l'agriculture. Une première.

Nicolas Sarkozy n'a pas inauguré le Salon de l'agriculture. Il devrait s'y rendre le week-end prochain avec “une série d'annonces”, selon le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. “Il y aura des annonces et il y aura surtout, ce qu'attendent les agriculteurs, le signe très clair de la part du Président de la République de sa volonté de s'engager dans le débat européen”, a-t-il précisé sur RTL. L'absence du président Sarkozy à l'inauguration a été peu appréciée, certains allant même jusqu'à parler de “mépris des agriculteurs”. “Nicolas Sarkozy aurait dû venir dès l'ouverture afin de manifester son soutien aux paysans”, a déclaré le président de la FNSEA. “Cela aurait été un signe de sa volonté de défendre cette profession”. La veille sur Europe 1, il a estimé : “Le président Sarkozy a beaucoup de difficultés avec la campagne, avec le monde paysan”. Jean-Michel Lemétayer doit rencontrer cette semaine le chef de l'État, avant sa venue au salon. “Je vais lui dire la réalité de la situation dans laquelle nous sommes et ce que nous attendons de sa part, notamment sur le plan européen”.

Prendre le leadership européen

Il entend d'abord lui demander “à ce que soit complété le plan de soutien. Le ballon d'oxygène que nous avons obtenu est insuffisant parce qu'il y a de fortes demandes chez les banquiers. C'est maintenant que les producteurs ont besoin de trésorerie”. Le président de la FNSEA attend aussi du Président de la République qu'il prenne l'initiative sur le plan européen. “Les ministres de l'Agriculture auront des décisions importantes à prendre pour notre futur. Celles-ci seront déterminées par les orientations préalablement définies par les chefs d'État et de gouvernement et donc par le président Sarkozy, auquel je demande de prendre le leadership d'une autre politique agricole”. La crise agricole, la baisse sévère des revenus, les marchés agricoles et leur régulation, la révision de la Pac après 2 013, étaient au coeur des débats, dès l'ouverture de ce Salon de l'agriculture. C'est le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire qui a donné le coup d'envoi de cette 47e édition. Le ministre a débuté sa visite inaugurale en allant saluer la mascotte Aïda, la vache salers sur l'affiche du salon.

 

Un ministre à l'écoute

Souriant, Bruno Le Maire a pris tout son temps pour discuter avec des agriculteurs venus lui parler de leurs difficultés. Le ministre a multiplié les arrêts auprès des éleveurs de limousines, charolaises, rouge des prés, villars de lans, prim'holstein… À chaque fois, il s'est montré soucieux de savoir comment les agriculteurs valorisaient leur production, le lait comme la viande. “Ce que souhaitent les agriculteurs, c'est arriver à s'en sortir, arriver à avoir des perspectives constructives pour l'avenir, c'est ce que je retiens avant tout de ces échanges.” Rejoint en milieu de matinée par le nouveau Commissaire européen de l'agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, les deux hommes ont arpenté le salon : les filières de l'élevage, puis celles des grandes cultures, les fruits et légumes sans oublier la filière viticole. L'occasion pour le ministre français de lui faire redécouvrir la diversité de l'agriculture française, car ce dernier connaît déjà bien la France et son agriculture ayant fait une partie de ses études supérieures agricoles à Rennes. “Il est logique que le Commissaire européen en charge de l'agriculture profite d'une telle occasion pour rencontrer les agriculteurs et discuter de leurs problèmes”, a déclaré Dacian Ciolos.

Ouvert et attentif

Le Commissaire s'est montré très attentif et ouvert au dialogue. “Il n'y a pas qu'en France que l'agriculture rencontre des difficultés. On dispose d'un instrument, la Pac, que l'on va essayer de mieux adapter afin qu'elle réponde encore mieux aux réalités de l'agriculture européenne”. “La Pac, depuis son origine, a su s'adapter. Nous devons trouver des instruments qui permettent une stabilité du revenu des agriculteurs et qui permettent à l'agriculture, non seulement de jouer son rôle d'approvisionnement des marchés, mais aussi d'entretenir plus de 80 % du territoire européen…, a-t-il ajouté. Tous ces éléments devront être pris en compte dans la future politique agricole commune. Il s'agit de répondre aux enjeux de la société : l'alimentation, la sécurité alimentaire, la qualité et la diversité de nos produits agricoles. Sans oublier les questions liées à l'emploi en milieu rural, les attentes des contribuables sur les questions environnementales et celles du changement climatique”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier