Aubrac : Aucune piste de valorisation n'est à négliger

R. S.-A.

Les éleveurs du Puy-de-Dôme ont tenu leur assemblée générale à... Aurillac.

Après l'Aveyron l'an dernier, le Cantal cette année. Aubrac des
volcans, le syndicat qui réunit les éleveurs de la race aubrac du Puy-de-Dôme,
choisit chaque fois un nouveau département pour tenir une assemblée générale décentralisée. L'occasion d'aborder des thèmes larges, qui intéressent aussi les éleveurs des autres départements, en présence des représentants de l'Union aubrac.

Le Puy-de-Dôme dans le Cantal

Mardi 29 mars, ils étaient réunis à Aurillac, sous la présidence d'André Liomy. Les intervenants cantaliens ont illustré le thème retenu : “La commercialisation”. Frédéric Lagarde, d'Euro France export, est intervenu sur le marché du maigre, et Gilles Malvesin, co-directeur d'Elvea, sur les animaux finis. Le premier a tenu à préciser d'emblée que “l'aubrac évoluait bien, conformément à la demande”. Et de donner la tendance qui garantit une bonne valorisation : “Actuellement, l'Italie réclame beaucoup de croisés.” Le marchand de bestiaux cherche aussi des lots homogènes et de qualité en race pure. Il sait que, solide sur ses aplombs, l'aubrac correspond bien à l'engraissement sur caillebotis. À la question de savoir si de nouveaux marchés pouvaient s'ouvrir, Frédéric Lagarde reste prudent. Il est convaincu qu'il faut aller chercher au delà de l'Europe. Certes, la Grèce réclame des animaux “extra”, mais son niveau d'exigence sanitaire a de quoi calmer les ardeurs. Le spécialiste de l'export sait que des pays tiers bien moins exigeants sont demandeurs. “Nous avons les veaux, il y a des acheteurs mais il manque une volonté politique d'investir de nouveaux marchés”, assure-t-il en réclamant que soit levées de trop lourdes barrières sanitaires, imposées par la France et Bruxelles.

De nouveaux marchés...

Car selon lui, la valorisation serait bien au bout : “Si autrefois on craignait d'intégrer le cours mondial réputé bas, il faut savoir qu'aujourd'hui, suite aux crises successives, nous sommes déjà dans des valeurs proches du marché mondial.” Mais il faudrait aussi changer quelques orientations et “ne pas forcément faire un produit qui vous plaît, mais celui qui satisfaira ces marchés de l'Est ou d'ailleurs”. Se tournant vers les éleveurs de la race aubrac, il affirme : “Nous avons les moyens de vous faire vivre. À condition de ne pas manquer les nouveaux marchés qui s'ouvrent et qui seront rapidement occupés.”

... et des idées de valorisation

A contrario, des animaux ne se vendent plus. C'en est par exemple fini des petites vaches aubrac qui partaient pour l'Espagne. Mais d'autres sources de valorisation existent, comme l'a confirmé Gilles Malvesin. “Nous manquons de label rouge boeuf fermier aubrac, valorisé à 3,73 E/kg”, donne-t-il en exemple. Elvea encourage encore l'engraissement - parallèlement au marché du broutard - en travaillant actuellement sur une filière “Premium Auvergne”, un produit pour toutes les races du bassin allaitant, commercialisé à moins de sept ans, et qui flatte le consommateur sensible à l'origine régionale. “Nous en sommes actuellement à une phase de test et le lancement pourrait se faire cette année, lors du Sommet de l'élevage de Clermont-Cournon”, révèle-t-il en présentant le projet comme une solution pour écouler des femelles qui ont du mal à partir sur le marché du maigre.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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