Aubrac : “La race colle avec l'avenir de l'élevage”

C. Fournier

Avec 30 000 vaches recensées en 2009, la progression de la race aubrac dans le département ne se dément pas. C'est le message véhiculé par les éleveurs du syndicat cantalien.

Une aubrac aujourd'hui très demandée, notamment en zone charolaise. Qui l'eût cru ! Une croissance qui s'explique notamment par des exploitations qui passent du lait à l'allaitant avec une tendance : des élevages plus importants et une race qui a des atouts. “Elle permet de continuer à faire de l'élevage en étant moins dépendant des astreintes grâce à sa facilité d'élevage et donc à moindres de frais”. Pour Michel Bos, président du syndicat départemental des éleveurs aubrac cantaliens qui tenait mercredi 16 décembre son assemblée générale au lycée agricole de Saint-Flour, “la race colle bien avec l'avenir de l'élevage, avec de plus en plus de vaches qui nécessitent qu'on leur consacre moins de temps”. Cependant, les perspectives d'avenir ne sont pas pour autant florissantes, notamment avec “les restrictions de budget dans les élevages et une difficulté à l'export, de par les contraintes sanitaires dont nous souhaitons l'assouplissement”.

Le croisement aubrac/charolais

Autre contrariété des éleveurs : “La race aujourd'hui n'est pas reconnue comme allaitante, à vocation au niveau du ministère mais plutôt présentée à l'étranger comme des animaux faits pour entretenir le paysage”, ajoutait Michel Bos, qui soulignait également “la difficulté à vendre les génisses reproductrices, comme pour les autres races, car il n'y pas assez de croisements avec les charolais”. L'important, ainsi que l'exposait Jacques Renou, directeur de l'Union aubrac, est donc “de croiser les moins bons animaux femelles aubracs avec des mâles charolais, ce qui donne de très bons résultats économiques. Le marché italien est d'ailleurs demandeurs, pour l'engraissement, ce qui permet aussi de faire la promotion de notre race”. Promotion qui sera d'ailleurs d'actualité à l'occasion du prochain Salon international de l'agriculture avec quatre animaux “label rouge” finis et vendus à des bouchers parisiens. Un label auquel correspond une grille de prix supérieurs aux prix du marché, ce qui entraîne un prix à la hausse sur l'ensemble des aubracs. Un phénomène comparable pour la certification conformité produit du croisement aubrac/charolais “Fleur d'aubrac”.

 

À l'affiche

Le syndicat, qui a fixé son concours départemental aubrac les 2 et 3 octobre 2010 à Cézens, a aussi d'autres projets comme l'aménagement d'un rond-point sur la zone d'activités du Crozatier à l'effigie de la race aubrac (trois photos, deux de 3 m x 1,50 m, d'une vache et d'un taureau et la troisième d'un panorama de montagne de 6 m x 2 m mettant en scène un troupeau d'aubracs). Cette réalisation attendue pour l'été 2010 est, pour Michel Bos, tout un symbole : “L'aubrac était, il y a 30 ans, vouée à disparaître…” À noter enfin qu'à l'occasion de cette assemblée générale, le conseil d'administration s'est agrandi de trois membres : “Des jeunes qui veulent s'impliquer, ce qui montre le dynamisme et la volonté d'implication des instances dirigeantes et raciales.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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