Baisse du revenu des agriculteurs : les syndicats s’alarment

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Baisse du revenu des agriculteurs : les syndicats s’alarment

Lundi, le gouvernement a publié ses estimations sur le revenu des exploitations agricoles. Le réseau comptable d'information agricole table sur un résultat courant avant impôts (RCAI) en baisse de 5%, à 24.400 euros mais l'Insee, lui, s'attend à un revenu net par actif non salarié en hausse de 6%. Les syndicats réagissent :

Orama : en finir avec l’accumulation des normes contraignantes

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Philippe Pinta, Orama

Orama, la branche spécialisée en grandes cultures de la FNSEA, note que le revenu moyen des céréaliers est Inférieur de plus de 50 % au revenu annuel moyen toutes productions. « Ce chiffre est significatif d’une réalité très éloignée de certains clichés. Dans plusieurs régions, il est négatif. Dans les zones intermédiaires notamment  de nombreux exploitants se trouvent en situation extrêmement difficile » note Orama pour qui cette évolution traduit « la sensibilité des exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux à l’ampleur qu’ont prise les aléas économiques et climatiques depuis quelques années ».

« Les Comptes de l’Agriculture le démontrent : il faut cesser de discriminer les producteurs de notre secteur dans l’application de la PAC en France ; il faut en finir avec l’accumulation de ces normes inutilement contraignantes qui nous empêchent de Produire plus, Produire mieux ; il faut améliorer de toute urgence le régime du dispositif de la Déduction pour aléas. De la même manière, il faut fixer sans tarder des règles permettant de mettre en oeuvre dans les zones intermédiaires une mesure agroenvironnementale et climatique adaptée », ont déclaré Philippe Pinta, Christophe Terrain et Gérard Tubery, président et vice-présidents d’ORAMA.

FNSEA : baisser les charges et simplifier les règles

"Même si quelques secteurs tirent leur épingle du jeu, il s'agit bien d'un séisme", commente la FNSEA dans un communiqué. Le syndicat

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Xavier Beulin, FNSEA

 estime qu’ « il est temps de vraiment baisser les charges et de simplifier les règles, afin de garder des exploitations agricoles compétitives ».

Le syndicat majoritaire pointe du doigt la hausse de près de 20% des charges diverses entre 2010 et 2013. Il réclame également des solutions assurantielles pour que faire face aux aléas en tout genre : grêle, gel, sécheresse, inondation, ... Concernant  l’embargo russe, la FNSEA  estime que «  c’est la solution politique qui amènera la solution économique ». Enfin, le combat qu’ils ont engagé avec Jeunes Agriculteurs pour le «produire et manger français » leur semble un sujet primordial pour retrouver des marges partout où cela est possible. « Les cantines publiques et privées ne pourront pas continuer à délaisser les produits français de qualité »

Coordination rurale : les céréaliers lanterne rouge

« Comme attendu, les céréaliers, sacrifiés par le Ministre de l’Agriculture, voient leurs revenus laminés en 3 ans et sont maintenant la lanterne rouge (11 500 € de RCAI en 2014). Et malgré les promesses de Stéphane Le Foll, cette chute ne bénéficie ni aux autres catégories de producteurs, ni aux consommateurs" ccommentent les responsables de la Coordination Rurale.

« Le revenu des céréaliers est de 59% inférieur à celui de la période 2000-2013. Et ce n’est pas en 2015 que les choses vont s’arranger : les cours sont médiocres et les paiements PAC sont fortement revus à la baisse », conclut la CR.

Stéphane Le Foll : des exploitations en danger de basculer

RTL

Le ministère de l'Agriculture se montre plus  optimiste dans son communiqué. "Après trois années historiquement élevées et une baisse marquée en 2013, les résultats seraient globalement stables en 2014", commente-t-il.

Toutefois, au micro de RTL, Stéphane le Foll reconnait que l’'effondrement des prix agricoles met des exploitations en danger.

"Dans certains secteurs on a mis en place des allègements de charges, des reports de remboursement, mais dans beaucoup d'endroits, on a des exploitations agricoles qui risquent de basculer dans la grande difficulté et de ne plus être en mesure d'assurer leur pérennité" a reconnu le ministre. "Ce sont des difficultés sur lesquelles on doit être extrêmement attentif, dans un contexte d'embargo russe qui pèse sur les échanges et les marchés".

"Il faut trouver des solutions et faire en sorte de trouver des exportations pour dégager les excédents et, sur les prix, trouver des mécanismes pour éviter les chutes brutales des cours, notamment sur le lait".

Pour le ministre, la fin des quotas laitiers en Europe, programmée pour le mois d'avril, "doit être mieux préparée" et la production "mieux régulée".

Écouter Stéphane le Foll sur RTL.fr

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Commentaires 3

hetre humain

c est le resultat d une politique de nul

eleveur 61

Hier les références laitieres étaient détenues par les producteurs.Aujourd'hui gràce a mr Lemaire et Lefoll deux ministres en parfaite harmonie pour déposséder les producteurs de leur droit au profit des industriels maintenant les exploitations laitiéres ont quelle valeur?

pascal

Ceux qui ont décidé l'embargo sur la Russie , c'est a dire les gouvernements européens , en connaissaient les conséquences . Ils doivent mettre en place des aides pour compenser les pertes subies par les productions agricoles . Nous ne pouvons pas assumer seuls les pertes de revenu sans que nos dirigants prennent leurs responsabilités.

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