Barrage contesté du Tarn : la suspension des travaux envisagée

Le président socialiste du Conseil général du Tarn a annoncé qu'il envisageait de "suspendre les travaux" sur le site du barrage contesté de Sivens, le temps d'une remise "à plat" du projet, après le décès sur les lieux de Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans.

Les travaux étaient, de fait, suspendus depuis la mort du jeune Toulousain au cours de violents affrontements entre opposants au barrage et forces de l'ordre, dans la nuit de samedi à dimanche. L'enquête privilégie désormais la thèse d'un décès dû à une grenade offensive lancée par les gendarmes après la découverte de traces de TNT sur ses vêtements. 

Le socialiste Thierry Carcenac, à la tête du conseil général du Tarn depuis 23 ans à Albi, a expliqué dans une interview qu'il envisageait de "suspendre les travaux mais en aucun cas sine die" (de manière indéfinie), comme l'avait affirmé son collègue au Sénat, l'écologiste Jean-Vincent Placé. Pour M. Carcenac, il va falloir "remettre les choses à plat" et "c'est toute la politique de l'eau sur le bassin Adour Garonne qui doit être repensée". Les conseillers généraux doivent débattre vendredi des préconisations des experts mandatés par le gouvernement. 

Le Premier ministre, Manuel Valls, a de son côté répété que c'était "au Conseil général du Tarn" de décider du devenir des travaux du barrage de Sivens. "Tous les élus de gauche ou de droite sur la région, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, de Midi-Pyrénées, les agriculteurs, je pense beaucoup d'habitants, sont favorables à ce type de projets", a déclaré le chef du gouvernement. "Après il faut évidemment le redimensionner, il faut tirer les conséquences des préconisations des rapports (d'expertise, ndlr), c'est aux élus de prendre ces décisions", a poursuivi M. Valls. 

Deux experts, qui avaient été mandatés par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, ont publié un rapport très critique sur le projet de barrage-réservoir qui doit être construit à Lisle-sur-Tarn en travers d'un petit cours d'eau, afin de sécuriser l'irrigation des cultures. Ils ont jugé le projet surdimensionné, pointé son "coût d'investissement élevé" (8,4 millions d'euros), et regretté qu'il n'y ait pas eu de "réelle analyse des solutions alternatives possibles". Le rapport a également évoqué "un risque financier important" si le dossier était maintenu en l'état. 

Pour défricher 34 hectares sur le site, le chantier avait commencé en septembre, encadré par un très grand nombre de gendarmes. Les opposants avaient tenté, en vain, d'empêcher la destruction de 13 hectares de "zones humides" de bois et prairies, un "réservoir de biodiversité" qui abritait 94 espèces protégées selon eux. Soutenus au niveau national par La Confédération paysanne, Europe-Ecologie-Les Verts ou le Parti de gauche, les opposants font notamment valoir que le projet ne bénéficierait qu'à un faible nombre d'agriculteurs (19 selon eux, 40 selon les experts, 81 selon le département).  

Alors que le gouvernement lui renvoie la responsabilité de toute l'affaire, M. Carcenac s'est présenté comme "le pigeon de la farce dans un dossier validé par l'Etat". "Ce n'est pas le département qui a fait les études, qui a eu des autorisations, qui a signé avec les chambres d'agriculture, c'est l'Etat", a-t-il dit. 

Source AFP

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Commentaires 4

@bambou501

oui tu as raison pour les portiques ecotaxes et la msa brulée ca sent le non lieu

aaaa

faut qu il se mefient dans le sud bientot tous les paysans vont reclamer leur reserve d'eau sur denier publics

Ricodu28

@ bambou501
Euh l'actualité nous prouve qu'ils n'y a pas que les écolos qui se débrouillent en démontage de projets -> ferme des 1 000 vaches; portails éco taxe....

Effectivement si l'état le voulait il pourrait facilement déloger tout ce petit monde de Lisle sur Tarn; comme cela aurait aussi pû être le cas dans le nord ou en bretagne..... apparament les lois semblent être les mêmes pour tous de ce point de vue!
Pour chaque projet qui voit le jour il y a des opposants; que le projet soit logique et necessaire ou farfelu et inutile. La seule évolution c'est la virulence des opposants qui tourne de plus en plus à la violence, au saccage et même parfois au meurtre.
Personne ne paie personne, c'est juste une affaire de conviction et pour certain le plaisir de pouvoir râler, casser et incendier en invoquant la cause populaire.

bambou501

On commence a en avoir marre de tous ces écolos, qui sont là que pour démonter des projets. Après Notre-Dame des Landes, les voilà rendus dans le sud de la France. Mais qui paye c'est gens la???
Si l'état le voulait, tous ces gens seraient mis dehors en peu de temps.
on voit bien que les lois ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
bon courage pour les habitants de ce petit village.

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