Bassin de Roquefort : Valoriser l'agneau Lacaune

Alexandre CAYRAC

L'interprofession des Agneaux du Bassin de Roquefort a lancé une opération inédite de communication. Objectif : faire de la saisonnalité du premier agneau de l'année un argument de vente auprès des consommateurs. Explications.

30 000 agneaux Lacaune seront encore cette année mis sur le marché dans les semaines qui viennent. Premier agneau de l'année à être présent sur les étals, le Lacaune a toujours connu des difficultés de commercialisation, dûes à une très forte saisonnalité. Ecouler des quantités importantes sur une période resserée est en effet un exercice difficile. Agno'InterPro, l'interprofession de promotion des agneaux du Bassin de Roquefort, semble avoir trouvé une solution pour faire de cet inconvénient une force.
Elle va en effet lancer dans les prochains jours une opération de communication dans 2 000 points de vente, qui vise à créer l'évènement.
Appellée Agneau Lacaune du Patrimoine, la démarche consiste à annoncer dans les rayons viande des grandes surfaces qu'un euro par agneau Lacaune vendu sera reversé à la Fondation du Patrimoine pour la restauration de Lavognes.
La fondation qui a pour mission de restaurer le patrimoine rural de proximité est en effet partenaire de l'opération, et s'engage ainsi à remettre en état deux lavognes du Bassin de Roquefort cette année avec l'argent qui lui sera remis.

Patrimoine et économie

Derrière l'intérêt patrimonial de l'opération, il y a cependant un objectif économique de premier plan : la valorisation du produit, en associant l'acte d'achat du consommateur à un geste citoyen.
Le consommateur français, très sensible à la sauvegarde du patrimoine, va donc se voir suggérer dans les rayons viande : «sauvez les lavognes en mangeant de l'Agneau Lacaune».
L'interprofession vise donc la séduction du consommateur via ce geste citoyen, pour «que l'agneau Lacaune face sa place dans les rayons» et ainsi «repartir sur une consommation ascendante» explique un représentant d'Ovi PC.
Eleveurs, abatteurs, engraisseurs se sont en effet associés pour parer cette année aux traditionnelles difficultés de mise en marché.

50 centimes de plus garantis aux éleveurs

Le prix de vente du Lacaune sera donc déconnecté du prix de l'agneau importé et doit garantir aux éleveurs 50 centimes de plus que le prix de l'agneau import.

Le Lacaune qui est, selon un représentant des établissements Bigard, «un agneau de bagarre» sur le prix, a aujour-d'hui trouvé un consensus entre éleveurs, engraisseurs et abatteurs autour de cette opération.
Jérôme Redoules, éleveur dans le Tarn est président de l'interprofession, se réjouit ainsi de cette entente et «d'un élan nouveau».
L'opération est en effet appelée à se renouveler tous les ans pour «créer l'évènement» chaque mois de février dans les points de vente et ainsi transformer la saisonnalité en avantage.
«C'est aussi une manière de mettre la pression sur les grandes surfaces qui pour le moment sont plutôt favorables à l'opération» explique Jérôme Redoules.
Il semble qu'elle soit aussi une bonne nouvelle pour toute la filière ovine, car “un prix plus élevé du Lacaune devrait soutenir celui du marché global” souligne un représentant d'Unicor.
Une opération de sauvegarde du patrimoine qui pourrait donc devenir une démarche de «sauvegarde des éleveurs» selon un représentant d'Ovi PC.

Source La Volonté Paysanne

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