Benoît Ferrand cultive le lin et son esprit cumiste

T.Guillemot

Benoît Ferrand cultive le lin  et son esprit cumiste
- © TG

Benoît Ferrand cultive environ chaque année 40 ha de lin à Le Gros-Theil dans l'Eure. Il est aussi président de la CUMA du Neubourg Nord créée en 1977. Une Cuma qui met au service d'une vingtaine d'adhérents une arracheuse double et au service de 14 autres une écapsuleuse.

Pourquoi l'AGPL-Liniculteurs de France a-t-elle répondu favorablement à l'invitation de la Fédération Nationale des CUMA ?
Parce que l'équipement est plus que central dans la culture du lin, l'AGPL sensibilise régulièrement ses adhérents sur cette thématique. Les CUMA sont une des façons de répondre à cet impératif. Pour cette raison, l'AGPL est présent sur Salon aux Champs afin de mettre en avant les résultats d'une enquête nationale sur les CUMA « lin » lancée en février 2017 en collaboration avec les Fédération Départementales des CUMA. Cette enquête va permettre de mesurer le nombre et le niveau d'équipement des CUMA dans chaque région et d'identifier les enjeux futurs. Cet évènement est aussi l'occasion pour l'AGPL et ses représentants de développer ses relations avec le réseau CUMA « in situ » et de mettre en lumière la place de la culture du lin au niveau régional et européen.
A PROPOS DE ...
L'Association Générale des Producteurs de Lin rassemble et représente depuis 1930 les liniculteurs français. Son rôle est de contribuer à la pérennité de la culture du lin dans les exploitations agricoles. Son intégration et sa participation active au sein d'une filière européenne structurée et organisée lui permettent une veille constante sur les grands enjeux de la culture du lin. Son réseau sur le terrain lui assure une proximité avec les liniculteurs afin d'échanger et partager une connaissance fine de la filière. Elle est membre fondateur de l'interprofession (CIPALIN) avec les organisations représentantes des entreprises de teillage (privées et coopératives). Enfin, l'AGPL participe au financement de la recherche et développement pour le lin (ARVALIS) ainsi qu'à la promotion de ses débouchés (CELC), deux axes stratégiques pour la filière du lin.

«La mécanisation a permis d'augmenter les surfaces en lin». Au Genetey, petit hameau situé sur la commune de Le Gros-Theil dans la plaine euroise, Benoît Ferrand cultive avec passion la petite fleur bleue. Il a mis ses pas dans ceux de son père et de son grand-père. Troisième génération de liniculteur donc qui s'amuse à déclarer que le lin, «on ne le voit beau qu'une fois». Que c'est une culture «stressante et qui peut décevoir» mais qui sait aussi «rendre tous les efforts déployés à sa réussite, de la préparation du lit de semences jusqu'au rouissage».
Sous le soleil de plomb de cette mi-juin, tel un éleveur son troupeau, Benoît visite au quotidien une bonne dizaine d'hectares . «Entre 10 h et 12 h pour le plaisir des yeux (Ndlr : le lin est en fleur à ce moment de la journée) puis vers 19 h-20 h», versus plus agronomique. Et pour cause, au plus fort de sa croissance, le lin peut gagner 3 cm en une journée alors Benoît veut le voir grandir. «La période de semis idéale se situe aux alentours de la deuxième quinzaine de mars pour un arrachage à partir du 10 juillet».
Technique, mécanique et économique
La culture du lin, c'est une bonne alchimie entre le technique et la mécanique avec pour liant l'économique. C'est ainsi, qu'en 1977 autour d'une arracheuse, s'est constituée la Cuma du Neubourg Nord. 1984 marque une étape. Certains liniculteurs locaux se lancent dans la production de semence. Une écapsuleuse récupère les capsules qui sont ensuite, au cours de l'hiver, battue par une moissonneuse-batteuse en poste fixe. Mais en 2003 et grâce aux évolutions technologiques, la Cuma investit dans une écapsuleuse-batteuse automotrice.
L'arracheuse, simple à l'origine puis renouvelée par une double, fédère une vingtaine de producteurs pour une sole de 380 ha situés dans un rayon de 10 km avec 2 chauffeurs/jour en rotation. Et comme tout liniculteur n'est pas producteur de semences, seulement 14 adhérents autour de l'écapsuleuse.
Jouer la complémentarité
Du côté de l'organisation des chantiers, les deux activités sont complémentaires. S'il s'agit au départ du même lin, celui destiné en plus à la semence doit être arraché plus à maturité. Ce petit décalage (5 à 6 jours) permet une optimisation du temps de travail des hommes et des machines. A contrario, d'autres départements comme le Nord ou bien encore le Calvados, pas d'enrouleuse en Cuma au Neubourg. «Nous disposons de teilleurs privés qui ont de grosses cavaleries, justifie Benoît Ferrand. Et puis, dans le lin, il y a beaucoup d'entraide aussi». Un sujet qui sera abordé lors  du Salon aux Champs. D'ici là, Benoît aura arraché et roulé son cru 2017. Vous pourrez l'interroger sur la qualité de son millésime puisqu'il sera ambassadeur de la petite fleur au rendez-vous des Cuma.

Source l'Agriculteur Normand

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier