Bertrand Rott veut tracer son sillon : Championnats du monde de labours

Après Sébastien Loeb ou Yvan Muller, l'Alsace comptera peut-être bientôt un nouveau champion dans une discipline mécanique: Bertrand Rott va en effet défendre les couleurs de la France aux Championnats du monde de labours les 17 et 18 avril en Nouvelle-Zélande.

Cet agriculteur de 35 ans, à la tête d'une exploitation d'une cinquantaine de vaches, est en effet l'un des deux tricolores qualifiés pour les finales mondiales qui se dérouleront à Christchurch. Fabien Landré, originaire de la région lyonnaise, sera lui aussi du voyage. La spécialité de Bertrand Rott est le labour en planche : « La charrue n'est pas articulée et ne se retourne pas. On verse la terre toujours sur la droite », explique-t-il. L'autre discipline est le labour à plat, dans laquelle Fabien Landré est engagé.

L'épreuve en elle-même peut sembler facile: « On a trois heures pour labourer une parcelle longue de 100 m et large de 20 m », dit Bertrand Rott, qui aura une trentaine de redoutables concurrents face à lui. Mais si la différence ne se fait pas vraiment sur la vitesse d'exécution, les sillons tracés doivent en revanche être impeccables. « Il faut labourer au centimètre près. Quelqu'un qui n'a pas l'habitude ne verra sans doute aucune différence entre les parcelles des différents concurrents », note encore l'agriculteur installé à Hatten, près de Haguenau, la patrie de Sébastien Loeb.

« Mais le jury examine notre travail de très près. Il faut être hyper droit, propre, les pentes doivent être identiques, les bandes doivent être de même largeur et le labour doit être bien fermé », explique-t-il encore, précisant qu'il y a deux épreuves, une sur un champ de chaume et la seconde sur une parcelle de prairie.

A l'en croire le plus important est de savoir bien régler sa charrue: « C'est très pointu, ça se joue sur de petits détails ». Et pour cela Bertrand Rott, 12e des Championnats du monde 2002 en Suisse, n'a rien laissé au hasard. Plutôt que de se servir d'un tracteur mis à sa disposition sur place comme il en a la possibilité, il a fait envoyer dès la fin janvier son propre matériel à l'autre bout du monde: « Sinon c'est comme si Sébastien Loeb n'avait pas sa voiture », sourit-il. « C'est une décision qu'on a prise moi et mon collègue lyonnais: on est un peu des mordus et donc on a mis nos tracteurs et nos charrues dans un container qu'on a envoyé par bateau fin janvier. Apparemment le matériel est arrivé sur place il y a quelques jours », ajoute-t-il.

Pour cette grande aventure Bertrand Rott va partir un mois au bout du monde avec femme et enfants. Une vraie affaire de passionnés quand on sait que même le futur champion du monde ne touchera pas un centime: « C'est très dommage, ce n'est pas assez médiatisé », regrette-t-il. L'association France labour et quelques sponsors lui permettront toutefois de « ne pas sortir trop de sous » de sa poche. Et durant son absence, c'est son père qui fera tourner la ferme.

Source AFP

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