Bien penser en amont à s'organiser dans son travail d'éleveur

Bénédicte Boissier et Clémentine Lacour

Bien penser en amont à s'organiser dans son travail d'éleveur

La visite d'éleveurs de la Haute-Loire a été l'occasion de voir comment le Gaec de la Limandie à Sauxillanges arrive à sortir un travail d'astreinte à 22 h00/UGB (la moyenne s'élevant à 45 h00/UGB).

Des références sur le travail

Venue de Brioude, une dizaine d'éleveurs a visité 2 exploitations dans le Puy- de- Dôme « qui font partie d'un réseau d'études sur le travail » (démarche ACTEL) explique Clémentine Lacour, ingénieur filière lait au Contrôle Laitier du Puy- de- Dôme. Il s'agit de reprendre les journées types de chaque exploitant sur chaque période de l'année, de faire un diagnostic.« Cette collecte d'informations menée dans d'autres départements permet de sortir des références au niveau régional, sur l'organisation du temps de travail dans les élevages laitiers. Et c'est Eliane Tessandier de l'EDE qui assure dans le département les formations sur ce sujet, aussi bien dans les domaines techniques qu'administratifs (voir reportage dans Auvergne Agricole du 13 mars 2008).
»Dans tous les cas, nous conseillons aux agriculteurs de bien penser en amont l'organisation des tâches de l'exploitation.«

Lait et tourisme rural

Jean-Claude, Patricia, Vincent Anglaret élèvent 70 vaches Prim'Holsteins (500 000 l de quota) sur 120 ha, dont 15 ha de maïs ensilage et 13 ha de prairies temporaires. Sur une trentaine d'ha distante de 17 km ils mettent les génisses avant de faner. Ils ont une stabulation sur aire paillée raclée.
Patricia exerce aussi dans le tourisme rural en ouvrant du 15 mars au 15 octobre des chambres d'hôtes, qui bénéficient de 3 Epis aux Gîtes de France et d'une inscription dans le Guide du Routard. Un travail différent, qui plaît à cette agricultrice. En effet elle explique rencontrer des personnes « avec lesquelles nous avons vraiment de bons contacts. Assurer tout ce qui entoure la gestion de chambres d'hôtes représente bien sûr du travail, mais permet de voir autre chose que le seul monde agricole. »

 

Des visiteurs motivés

La famille Anglaret a bien volontiers expliqué ses journées de travail. Les éleveurs de Brioude ont apprécié cet accueil, les explications claires, et … le goûter copieux que Patricia leur avait préparé. Ils ont expliqué : « notre groupe qui fonctionne depuis 5 ans nous entraine à sortir sur le terrain rencontrer d'autres agriculteurs. Aujourd'hui nous venons voir l'organisation d'une exploitation qui fonctionne bien, car on se pose des questions sur le temps de travail. Ce genre de visite ? Pour nous c'est une ouverture d'esprit. »

 

Le travail au Gaec de la Limandie



Jean-Claude trait le matin et Vincent le soir. « Pendant ce temps l'autre racle et paille, prépare les rations. On a une mélangeuse achetée lors de l'installation en 2001 de Vincent. Elle permet de faire une ration complète : foin, ensilage d'herbe, de maïs, concentré et mélasse. » Ils expliquent être pointilleux sur le fonctionnement du matériel « on n'attend pas que ça casse ! »
Jean-Claude et Vincent entretiennent régulièrement leurs prairies en passant l'ébouseuse, en apportant régulièrement de l'engrais minéral. Quand le troupeau se trouve au pâturage, ils tournent la clôture tous les jours. Ils fauchent, ensilent… Voilà en résumé les tâches qu'ils assurent, et qu'ils savent bien organiser puisque l'audit réalisé chez eux montre un taux d'astreinte à 22 h00/UGB (moyenne : 45 h00/UGB).

L'utilisation d'outils



Depuis d'aussi loin qu'il s'en souvienne Jean-Claude travaille en Cuma. Il assure d'ailleurs la présidence de celle de Sauxillanges avec laquelle le Gaec de la Limandie fait l'ensilage, la fauche et le semis maïs. « Etre en Cuma me paraît indispensable pour mener les ensilages. Ce travail en effet nécessite de la main d'oeuvre et un matériel important et onéreux. » Avec la Cuma de l'Eau Mère ils épandent le fumier sur 3-4 jours « grâce à une machine puissante, qu'on ne pourrait avoir individuellement. »
Vincent utilise le logiciel Planfum depuis 7 ans. « Je fais une prévision pour obtenir des conseils ciblés. Par exemple on mettait trop d'engrais de fond. Avec ce logiciel c'est propre, cadré. Bovitel est également très bien. »

 

S'appuyer sur la recherche et le développement

Jean-Claude le souligne « nous essayons d'utiliser en fonction de nos besoin les outils mis à notre disposition, regardons ce qui sort de nouveau. On investit pour se faciliter la vie. » Ils n'hésitent pas à faire appel aux conseillers des organismes professionnels agricoles, qui les appuient pour encore mieux gérer leur exploitation. La famille Anglaret un peu confuse de faire l'objet d'une telle reconnaissance vis-à-vis de son travail souligne : « on a un bon parcellaire : 20 ha autour du bâtiment. Cela nous facilite la tâche. » Les techniciens ne se disent pas vraiment de cet avis : la bonne organisation y participe pour l'essentiel.

Visite au Gaec Boucheret

Les éleveurs de Haute-Loire ont également rendu visite à Philippe et Hervé Boucheret en Gaec à Prondines avec Bruno Murin leur neveu. En effet l'audit auquel ils ont également participé montre qu'ils atteignent un taux d'astreinte de 28 h /UGB.
Ce qu'ils ont retenu parmi d'autre : l'organisation des week-ends. En effet chaque membre du Gaec bénéficie d'un dimanche sur trois. Ils s'organisent le samedi pour alléger le dimanche, avec une parcelle contre le bâtiment réservée au pâturage le dimanche. Et ils peuvent prendre une semaine de vacances.

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme/Ede 63

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