Big Data : une charte pour valoriser et sécuriser les données des agriculteurs

Lise Monteillet

Big Data : une charte pour valoriser et sécuriser les données des agriculteurs

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs viennent de lancer une nouvelle charte sur l’utilisation des données agricoles. À partir de ce texte de référence, il sera possible d’évaluer la conformité des contrats proposés.

Quelques chiffres

50% des éleveurs laitiers français qui s’installent achètent un robot de traite.

10 milliards de dollars ont été investis en 2017 dans les startups de l’AgTech dans le monde.

79 % des agriculteurs utilisent Internet.

L’agriculture est le deuxième marché mondial de la robotique de service professionnelle.

Big Data, capteurs connectés, blockchain… Ces « nouveaux mots » se sont immiscés dans le quotidien des agriculteurs, souligne Henri Biès Péré, représentant la FNSEA. Ce dernier observe dans le même temps « des agriculteurs qui se sentent relativement vulnérables face aux opérateurs ». D’où l’idée d’une charte sur l’utilisation des données agricoles. L’objectif est d’« y voir plus clair dans ce brouillard numérique », précise Baptiste Gatouillat, responsable JA.

Un label pour les contrats

Concrètement, un collecteur de données pourra demander la labellisation des contrats qu’il propose aux agriculteurs. Les conditions générales d’utilisation (CGU) seront examinées par un cabinet d’avocats, afin de vérifier si elles respectent les 13 principes inscrits dans la charte. Si c’est le cas, le collecteur pourra mettre en avant le logo « Data Agri » et bénéficier d’une publicité positive. Le coût de cette labellisation sera à la charge de l’opérateur. 

Quelles règles à respecter ?

Plusieurs idées fortes s'articulent dans la charte, dont celle de garantir la lisibilité du contrat. Toute collecte de données brutes doit faire l’objet d’un contrat écrit, l’information sur les droits et les devoirs des exploitants agricoles doit être claire. De même, la charte met en avant plusieurs règles liées à la transparence, à la maîtrise de l’usage, à la sécurité et à la confidentialité. 

Le fruit d’une concertation

« On arrive au bon moment », se félicite Henri Biès Péré, tout en précisant que la France est un pays pionnier sur le sujet de la sécurisation des données agricoles. En Europe, l’Allemagne et la Suisse travaillent sur des démarches comparables.

Henri Biès Péré assure que la charte a reçu « plutôt un accueil positif » dans l’Hexagone. Cette charte a d’ailleurs été élaborée en concertation avec les organisations composant le Conseil de l’agriculture française (CAF), dont font notamment partie Groupama, la MSA, Crédit agricole et Coop de France. Pour toutes ces structures, le développement du Big data est un enjeu de taille. Par exemple, les données recueillies par des capteurs météo connectés chez les agriculteurs pourraient constituer un matériau précieux pour un assureur.

En conséquence, l’explosion quantitative des données numériques suscite chez les agriculteurs beaucoup d’intérêt, via les sources d'économies possibles, mais aussi des craintes, dont celles d’une surveillance généralisée ou d'une utilisation des données à leur insu. Cette charte doit permettre d’« instaurer un climat de confiance » dans l’agriculture, espère Baptiste Gatouillat. 

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