Bigard : Les bastions de l'entreprise assiégés par les éleveurs

Sophie Giraud

Depuis dimanche soir, plus aucun camion ne pénètre sur neuf sites du groupe Bigard. Les éleveurs du Massif central assurent le blocus à Villefranche-d'Allier et Égletons.

Les éleveurs avaient prévenu. La stratégie de blocage des prix dans laquelle semble s'être engagé le groupe Bigard en appellerait forcément une autre, celle du blocus des sites du géant de la viande par les éleveurs. Dimanche soir, les éleveurs ont mis leur menace à exécution puisque depuis, plus aucune bête et plus aucun morceau de viande n'entre ou ne sort de la plupart des unités d'abattage du groupe. Sur le Massif central, deux sites sont bloqués, celui de Villefranche-d'Allier dans l'Allier et celui d'Égletons en Corrèze. à Villefranche-d'Allier, ce sont les Jeunes agriculteurs de l'Allier qui ont démarré le blocus de la Socopa, filiale du groupe Bigard, appuyés par des agriculteurs de la FNSEA 03 et quelques membres de la FDSEA. Lundi, peu avant midi, une centaine de Cantaliens sont arrivés pour assurer la permanence jusqu'au lendemain midi. Mardi midi, la relève devait être assurée par les éleveurs du Puy-de-Dôme, “environ 250 personnes seront mobilisées, de manière à avoir en permanence sur le site près de 80 éleveurs du département”, explique Jean-Paul Thénot, président de la section bovine de l'UDSEA du Puy-de-Dôme.

Un blocus prévu pour durer

La journée du mercredi, au tour de la Loire et de la Haute-Loire d'assurer le roulement, tandis que le Cher et l'Indre avaient prévu de se mobiliser pour la journée du jeudi. Les organisateurs, FNSEA, FNB et JA, se sont donné l'objectif de dix jours de blocage. Au démarrage du blocus, le chef des troupes Patrick Bénézit, secrétaire général de la FNB, ne cachait pas sa détermination : “Croyez-moi, nous sommes certainement là pour un moment. Nous ne partirons pas tant que nous n'aurons pas obtenu d'avancées significatives !” Avant de fustiger la politique de Bigard qui consiste à maintenir “verrouillés” les prix-producteurs à la baisse, “loin du niveau justifié par la situation du marché, et du seuil nécessaire pour la rentabilité : plus 60 cts d'euros par kilo carcasse”. Et le responsable syndical de remercier au passage les opérateurs commerciaux qui ont apporté leur soutien à l'opération, regrettant cependant que tous ne l'aient pas fait. Le marché lui donne raison aux producteurs. La consommation de viande bovine est en hausse de 3 % depuis le début de l'année, les prévisions d'abattages en France sont en baisse, tout comme les disponibilités en Allemagne et en Irlande, et les échanges sur 2010 progressent avec un niveau d'export en bovins vivants en hausse de 5 % et de 2 % en viande. Le niveau d'import européen en provenance des pays tiers est par ailleurs au plus bas (- 10 % en 2009). La conjonction de tous ces facteurs devraient légitimement faire augmenter les prix.

 

La convocation du ministre

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a lui indiqué lundi qu'il allait réunir le lendemain (mardi 9 novembre) les membres de la filière pour aborder la question du prix de la viande. “Je rassemblerai demain un certain nombre d'acteurs de la filière au ministère de l'Agriculture et nous regarderons ensemble quelles sont les solutions rapides que l'on peut apporter à ces difficultés”, a-t-il déclaré sur Europe 1. “Dans l'ensemble de la filière, que ce soit les industriels, la distribution, il faut que tout le monde soit autour de la table, il faut qu'on arrive rapidement à un meilleur prix pour les producteurs”, a-t-il ajouté. Sans que les éleveurs ne se fassent guère d'illusion sur l'issue de cette rencontre
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Source L'Union du Cantal

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