Boeuf du Cantal : Des pistes pour équilibrer l'offre et la demande

Renaud Saint-André

Boeuf du Cantal : Des pistes pour équilibrer l'offre et la demande

Tandis que la demande reste forte chez les artisans bouchers, la production cherche de nouvelles motivations.

La production de “Boeuf du Cantal” a tendance à fléchir un peu. Géraud Fruiquière, président de l'association qui gère cette CCP (certification de conformité produit) ne le cache pas. Il précise cependant que la demande reste soutenue. Il faut donc remotiver les troupes et chercher de nouveaux éleveurs, prêts à engraisser au profit de la boucherie traditionnelle. Et puisque répondre au cahier des charges coûte un peu plus cher à la production (80 % d'alimentation à base d'herbe, etc), la rémunération mérite aussi de sortir un peu du lot. La réflexion a été lancée en décembre dernier. Du côté des éleveurs, on espère un juste différentiel par rapport à une référence déjà existante, comme le rappelle Denis Bonneau, animateur de l'association Viandes de qualité des Monts du Cantal.

Un malentendu

Cette proposition n'a, semble-t-il, pas été perçue correctement par la profession bouchère représentée par Claude Meinier, président du syndicat départemental. Lors de la dernière assemblée générale des bouchers, celui-ci a en effet martelé qu'il était “hors de question de s'engager sur un prix donné durant une période de trois ans”... Il s'en serait plaint auprès de Luc Guyau, président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. Lequel lui aurait fortement déconseillé de convenir d'un prix fixe sur une telle période, dans l'intérêt des uns et des autres. D'une part parce que le marché peut évoluer dans les deux sens ; d'autre part parce que des accords de prix peuvent s'avérer illégaux... “Sauf que nous n'avons jamais parlé d'un engagement sur trois ans”, assure le président de Boeuf du Cantal. La confusion vient peut-être du témoignage d'un éleveur qui se demandait à quel prix serait vendu l'animal qu'il fait naître aujourd'hui pour être vendu dans 36 mois.

Vers une association des bouchers - abattants

Afin d'alimenter cette réflexion autour de la CCP, Charles Le Moign, ancien membre du bureau national de la Confédération de la boucherie et aujourd'hui délégué de la Fédération nationale des groupements d'achats et coopératives, est intervenu. Claude Meinier lui a demandé comment créer “une structure juridique à moindre frais pour s'organiser”. Il serait donc question de faire revivre une ancienne association des bouchers-abattants. À noter que si cette solution n'est pas choisie au seul motif d'exercer une forme de lobbying, elle peut s'avérer très constructive. À l'image de ce que connaît l'appellation “Fleur d'aubrac” avec la Cobo-34 ; une coopérative qui regroupe une vingtaine de bouchers de l'Hérault qui s'engagent sur la promotion et la diffusion exclusives de la marque dans leur département. Quant aux animaux achetés, les bouchers qui cherchent de la qualité semblent déjà prêts à mettre le prix, à l'image de Dominique Dupont de Saint-Cernin, comme elle le confiait dans une interview publiée dans L'Union, en octobre dernier.

Source journal L'Union du Cantal »

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