Bois-énergie : Une filière plus que prometteuse

P. OLIVIERI

Assurant des débouchés aux sous-produits du travail du bois d'oeuvre, la filière bois-énergie créée des emplois.

Ils l'ont dit et redit le 29 janvier dans le hangar de la scierie Bonhomme à Arpajon-sur-Cère : le bois-énergie n'est pas une fin en soi mais constitue une opportunité sans précédent pour “récolter plus”, aller chercher et valoriser les plus petits bois, jusqu'alors sans débouché ni réelle valorisation, et donc laissés en forêt. Une opportunité d'autant plus prometteuse pour un département couvert à 26,4 % par la forêt.

Déchets riches en énergie

“La gestion d'une forêt implique la planification de coupes et de travaux dans l'optique de produire du bois d'oeuvre, c'est-à-dire du bois sciable. Cet objectif laisse sur le parterre de coupe des petits bois, grosses branches..., non valorisables en bois d'oeuvre”, ont expliqué les membres du Comité filière forêt bois du Cantal à l'initiative d'une matinée de sensibilisation. Désormais, la structuration de la filière bois-énergie permet de broyer et d'utiliser ces sous-produits comme énergie. De même, ulées, dosses, délignures, écorces, sciures... sont autant de produits connexes de la fabrication de bois d'oeuvre en scierie (représentant jusqu'à 50 % du volume de bois entrant) auparavant difficilement valorisables localement - faute d'usines locales de pâte à papier ou de panneaux agglomérés - et qui finissaient le plus souvent brûlés ou en décharge, pratiques désormais interdites. Aujourd'hui, ils constituent un parfait combustible. C'est le message qu'ont donc souhaité faire passer les représentants des forestiers privés, des exploitants scieurs, des communes forestières, du CRPF, de l'ONF, de la coopérative Unisylva, de Bois énergie 15 et Énergies renouvelables réunis au sein du comité à l'occasion d'une démonstration du broyeur de la SARL Avenir bois énergie (ABE), dont est membre la scierie Bonhomme.

Une filière structurée

“Voilà 15 ans qu'on oeuvre pour le développement de cette énergie”, a rappelé Annick Garsault, de Bois énergie 15, précisant que la première chaudière automatique au bois avait été installée en 1987 au lycée agricole d'Aurillac. Un peu plus de 20 ans plus tard, 157 sont en activité sur le département. “Il y a toujours eu du combustible bois qui a manqué de chaufferie et non l'inverse”, a-t-elle imagé, ajoutant que la filière départementale s'était équipée et parfaitement structurée avec notamment des regroupements de scieurs (ABE), d'agriculteurs (GIE Dechiqu'bois) ou encore entre coopérative-scieur et ONF (comme pour l'approvisionnement du centre hospitalier aurillacois). Une filière à même d'alimenter en bois déchiqueté et granulés des particuliers, collectivités... et dont l'impact est loin d'être neutre dans l'économie locale puisque le comité estime que 32 emplois directs à temps plein ont été créés dans le Cantal pour la production de combustible, la livraison, l'exploitation des chaufferies, et ce, aussi bien dans des entreprises, collectivités équipées de chaudières automatiques bois, que chez des agriculteurs. Autant d'emplois auraient été préservés. Selon les acteurs de la filière, le bois énergie est ainsi quatre fois plus créateur d'emplois que les énergies fossiles (gaz, fioul). Ce qui faisait dire à Jacques Cros, président des forestiers privés cantaliens, qu'il y a “toutes les raisons de croire que la filière bois-énergie, une énergie non délocalisable, constitue une grande chance pour le Cantal”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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