Bordelais : La grêle sème la désolation et l'inquiétude dans le vignoble

De violents orages de grêle se sont abattus ces derniers jours sur une partie du vignoble bordelais, notamment dans le Sauternais, ravageant les parcelles avant la floraison.

La grêle a frappé le lundi de Pâques dans le Sauternais, le 1er mai dans l'Entre-deux-mers sur les appellations cérons et graves et le 2 mai dans le Blayais et à Camblanes sur l'appellation côtes de bordeaux.

Au total, une soixantaine de viticulteurs ont été diversement affectés. « Ça n'a duré que dix minutes mais on a reçu 20 millimètres d'eau sous forme de grêle, avec beaucoup de vent, sur une vigne en forte croissance donc très fragile », rapporte Alex Barrau, directeur de La Tour Blanche, l'une des propriétés les plus touchées. Ce grand cru classé sauternes en 1855 estime déjà à 60% la perte de sa récolte. A quelques encablures, le prestigieux Château d'Yquem a subi très peu de casse.

Sur l'appellation sauternes, 478 hectares sur 2.100 ont été touchés, l'ODG (Organisme de défense et de gestion) estime la perte à 5.300 hectolitres soit 15% du volume total.

Des diffuseurs d'iodure d'argent, pour réduire la taille des glaçons

« La grêle est un phénomène climatique extrêmement jaloux, elle passe chez vous et pas chez votre voisin », explique Cédric Elia, conseiller viticole à la Chambre d'agriculture de la Gironde, soulignant que des viticulteurs s'organisent, à l'aide de diffuseurs d'iodure d'argent, pour réduire la taille des glaçons et donc leurs effets.

La grêle laisse derrière elle un paysage de désolation : les rameaux sont cassés, les feuilles déchirées, les grappes encore à l'état de boutons floraux sont arrachées. «On avait un végétal en plein développement », ajoute M. Elia, «on est très en avance cette année du fait des conditions de sécheresse », dit-il.

Selon la gravité des blessures, au mieux la vigne prendra quinze jours à trois semaines de retard sur son cycle normal et on pourra avoir un très bon vin, au pire, elle ne donnera pas de raisin.

Ceux qui s'en sortiront sont ceux qui disposent de réserves. « On va faire face grâce aux stocks », déclare Xavier Planty, propriétaire de Château Guiraud, premier grand cru de sauternes qui estime sa perte à 60.000 bouteilles soit deux millions d'euros.

Pour palier à cette perte, ll'ODG sauternes-barsac a demandé l'autorisation de produire au dessus du rendement autorisé (25 hl/ha), dans le cadre d'une expérimentation effectuée sur quelques appellations bordelaises et bourguignonnes, mais cela lui a été refusé, a-t-on appris auprès de l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité).

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