Boues des stations d'épuration : Le comité d'animation de la charte qualité fait le point

Didier BOUVILLE

Le comité d'animation et de suivi de la charte qualité relative à l'épandage agricole des boues de stations d'épuration s'est réuni en assemblée générale mercredi 20 octobre à Marcillac-Vallon.

La réunion s'est déroulée en présence de représentants signataires de la charte qualité relative à l'épandage agricole des boues de stations d'épuration signée en novembre 2002.Elle est portée par le comité de suivi et d'animation créé en 2003 que préside depuis le début Jean-Louis Bugarel, président de l'association Action-Environnement. Des élus ou administratifs de bureaux d'études, la communauté de communes de Marcillac, de l'agglomération du Grand-Rodez, du Conseil général, de la police de l'eau de la DDT, de la Chambre d'agriculture étaient présents à cette assemblée générale qui s'est prolongée par une visite de la station d'épuration de Marcillac-Vallon

Organisme indépendant

2009 marque la première année d'activité, en parallèle, de «la mission boues» de la Chambre d'agriculture et de l'Organisme indépendant créé sous la tutelle de la préfecture animé par Pierre Dufaÿ, technicien à la Chambre d'agriculture. Il assure les missions d'expertises, de mise en place et d'entretien d'une base de données, anime les actions de communication et intervient en appui et conseils auprès des collectivités locales.
L'Aveyron produit aujour-d'hui 5854 tonnes de matières sèches de boues de stations d'épuration, selon les plans d'épandage validés.1880 tonnes sont épandues sur des terres agricoles. «Seulement 32% des boues ont ainsi été valorisées en agriculture en 2009» remarque le président Bugarel. L'épandage des boues ne concerne donc que 0,13% (700 ha) des 530 696 ha de SAU de l'Aveyron. Un niveau qui place le département dans la moyenne nationale, alors qu'aujourd'hui, la demande agricole serait beaucoup plus forte que l'offre.

Valeur fertilisante

Les agriculteurs sont en effet de plus en plus intéressés par la valeur fertilisante des boues des stations d'épuration, «c'est une question que l'on se pose aujourd'hui face au coût actuel des engrais». «L'aspect financier peut être intéressant pour nous si les boues sont de qualité» confirme Daniel Boudes, représentant le président de la Chambre d'agriculture.
Le volet communication du comité de suivi et d'animation de la charte est largement animé par «la mission boues» de la Chambre d'agriculture. Elle diffusera prochainement un document «quand l'eau devient ta boue» réalisé par l'APCA, auprès de l'association départementale des maires (ADM) afin d'expliquer les enjeux du respect de l'environnement, du bon fonctionnement de l'assainissement et de la valorisation des déchets en agriculture.La décision a été prise lors de la réunion du bureau et du comité technique de février dernier réunissant le préfet, l'ADM et la Chambre d'agriculture. Le Conseil général devrait relayer cette communication dans son magazine d'information.

Communiquer auprès des lycées agricoles

Pour le comité, «il est important d'inviter le public à ne plus jeter n'importe quoi dans les éviers, les toilettes ou les égoûts. Il en va de la qualité de l'épuration des eaux usées et du coût de la redevance assainissement». La mission boues a participé activement avec les responsables et élus des collectivités locales à des rencontres expliquant «la réglementation en vigueur, le principe de la valorisation agronomique des boues, «les gardes-fous» à disposition des agriculteurs et les moyens pouvant être mis à disposition pour un épandage optimum approuvé par tous».
La mission est ainsi intervenue en 2009 auprès de 27 communes pour des interventions concernant le lancement ou le rendu de plans d'épandage, l'épandage de lagunes ou l'exploitation de stations d'épuration. Elle a tenu un tableau de bord de stations d'épurations départementales qui relève aujourd'hui des compétences du nouvel Organisme indépendant. Le président Bugarel a par ailleurs indiqué qu'il fallait communiquer auprès des lycées agricoles aveyronnais.

Information transparente

En matière d'épandages agricoles des boues de stations d'épuration, tout le monde a convenu que «l'information transparente» était fondamentale.Les intervenants du Grand-Rodez ont témoigné sur l'essai de stockage des boues de la station d'épuration de Bénéchou visant à être valorisées pour l'agriculture.Une réunion publique avait été organisée avec les riverains de la commune d'Olemps, avec une visite d'épandage chez un agriculteur. «Nous avions craint au début d'ouvrir «la boîte à claques» mais les gens ont constaté qu'il n'y avait pas de problème particulier concernant notamment les odeurs et la qualité fertilisante des boues». Suite à l'essai de stockage positif de 2010, le Grand-Rodez a le projet de construire un bâtiment de sto-ckage des boues sur le site de Bénéchou. La valorisation agronomique actuelle représente 60 % des boues par une vingtaine d'agriculteurs. Avec ce projet, l'objectif est de 80 %.

Source La Volonté Paysanne

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