Bovins viande : Les voyants sont au rouge !

Didier BOUVILLE

Bovins viande : Les voyants sont au rouge !

La filière bovins viande souffre. De nombreux éleveurs aveyronnais l'ont fait savoir lors d'une action organisée ce jeudi soir devant la préfecture de Rodez. Le point de vue de Francis Grau, président de la section bovins viande FDSEA, exprimé à la veille de la mobilisation, avec Agnès Catays, co-responsable du groupe bovins viande JA et Dominique Fayel, président de la FDSEA.

- Pourquoi cette mobilisation des éleveurs bovins viande ?

«Nous voulons interpeller les pouvoirs publics sur la situation dramatique que traversent et vivent aujourd'hui, et depuis un certain temps déjà, les éleveurs bovins viande. C'est une situation de crise qui ne fait pas de bruit, aussi grave que celle qui touche notamment les producteurs de porcs.
Cette crise est installée depuis 2008, année de la FCO et des revenus agricoles au plus bas qui ne se sont jamais relevés du marasme depuis cette date. On constate aujourd'hui des prix de vente de veaux sous la mère en baisse de 200 euros par tête, et un marché des génisses lui aussi plombé. Il faut donc défendre cette production et ses producteurs qui sont «anesthésiés» par ce contexte de marchés incertains, et qui ne veulent plus rester les bras ballants. Il est temps de réagir.

- Que voulez-vous exprimer aux pouvoirs publics ?

Nous croulons sous le poids des charges qui ont été multipliées par dix en 20 ans ! On revient à des prix comparables à ce qu'ils étaient il y 20 ou 30 ans. Les systèmes sont gelés, les abattoirs, les transformateurs, tout le monde est concerné par la baisse de production de viande bovine française de 3% cette année, conjuguée à une baisse de la consommation de viande estimée à 10 %. Malgré cette sous-production, on constate une baisse des prix pour les éleveurs, la valorisation ne se retrouve plus dans les fermes. On veut donc une baisse des charges, un accompagnement dans nos investissements, pour être plus compétitifs. Il faut aussi rétablir des outils de régulation, agir sur des leviers capables de gérer ce marasme comme ce fut le cas par exemple lors de la crise de l'ESB il y a 9 ans, quand le marché fut rééquilibré avec des exportations vers le Liban. Tous les outils de gestion ont hélas été supprimés en 2002.

- Pour l'Aveyron, l'élevage bovins viande pèse lourdement...

Il représente en effet près de 7 000 exploitations, le quart du chiffre d'affaires départemental agricole. C'est une production familiale majeure, qui fait vivre les territoires et de nombreux jeunes installés. Il ne faut donc pas croire que cette production va bien, il faut que le ministre le sache ! C'est le message que nous allons transmettre ce jeudi soir, et qui sera l'expression du terrain, un terrain inquiet et déterminé à se faire entendre plus bruyamment si nécessaire».

Source La Volonté Paysanne

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